Guerre en Ukraine : Kiev bombarde, la France ne ferme pas sur les pétroliers russes
L’armée ukrainienne s’intéresse à la Crimée, péninsule annexée par la Russie depuis 2014, en ciblant les routes d’approvisionnement et les infrastructures énergétiques russes. Emmanuel Macron a annoncé que la marine française a intercepté un pétrolier soupçonné de faire partie de la « flotte fantôme » russe, marquant le cinquième arraisonnement depuis septembre 2025.

Vous avez manqué les dernières nouvelles concernant la guerre en Ukraine ? 20 Minutes vous propose un résumé chaque soir. Voici les points essentiels de ce jeudi 25 juin 2026, au 1.582e jour du conflit.
Le fait du jour
En offensive depuis plusieurs semaines, l’armée ukrainienne focalise désormais son attention sur la Crimée, péninsule ukrainienne annexée par la Russie en 2014. Kiev s’efforce d’isoler la région en s’attaquant aux routes d’approvisionnement et aux infrastructures énergétiques russes. Cette opération présente des conséquences immédiates, bien que son impact reste incertain. En témoignage de l’effet des frappes menées par les drones ukrainiens, le gouverneur soutenu par Moscou a annoncé des coupures d’électricité à travers toute la péninsule. Deux civils auraient également perdu la vie.
Depuis mai, l’armée ukrainienne a, grâce à une avancée technologique dans ses drones, réussi à détruire de nombreux camions-citernes et véhicules militaires circulant vers la Crimée via le sud de l’Ukraine occupé par les Russes. Les forces ukrainiennes ont également bombardé des infrastructures énergétiques ainsi que des nœuds logistiques dans cette presqu’île bordée par la mer Noire.
La Crimée revêt une importance particulière pour le Kremlin : l’armée russe y a établi de nombreuses bases et, depuis son annexion en grande pompe il y a douze ans, elle est devenue un symbole politique fort pour le président russe Vladimir Poutine.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que cette campagne d’étranglement, « soigneusement calculée », avait pour objectif de créer « les conditions » susceptibles de contraindre « la Russie à choisir la paix ».
La déclaration du jour
« Nous ne laisserons pas la flotte fantôme contourner les sanctions et financer l’effort de guerre russe »
Ces mots proviennent d’Emmanuel Macron ce jeudi. La marine française a intercepté mardi en Méditerranée centrale un nouveau pétrolier soupçonné d’appartenir à la « flotte fantôme » russe, montrant ainsi la détermination de la France à empêcher Moscou de contourner les sanctions économiques imposées à cause de la guerre en Ukraine.
Le pétrolier Deliver transitait au large de la Sicile. Il s’agit du cinquième pétrolier présumé appartenant à cette flotte qui a été arraisonné par la France depuis septembre 2025.
« L’Europe est déterminée. Elle poursuivra tous les efforts nécessaires pour faire payer la Russie pour la guerre et permettre une paix robuste et durable en Ukraine », a ajouté Emmanuel Macron.
Le chiffre du jour
3,2 milliards d’euros. C’est le montant du premier versement réalisé par l’Europe jeudi, dans le cadre du prêt de l’UE de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine. Ce premier versement, conçu pour aider le gouvernement ukrainien à équilibrer son budget, sera suivi, « dans les prochains jours », d’un versement de six milliards d’euros pour financer l’acquisition de drones, a précisé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen lors d’une conférence sur la reconstruction de l’Ukraine. « Ces investissements illustrent clairement que le soutien de l’Europe à l’Ukraine est loin d’être terminé », a-t-elle affirmé.
Les pays de l’UE ont approuvé en décembre dernier un prêt de 90 milliards d’euros pour soutenir l’Ukraine durant la période 2026-2027, comprenant 60 milliards pour le soutien militaire et 30 milliards pour l’aide budgétaire.
La tendance
Les responsables politiques ukrainiens et polonais ont prôné l’apaisement jeudi à Gdansk, en Pologne, lors de la 5e conférence sur la reconstruction de l’Ukraine, malgré l’absence du président Volodymyr Zelensky suite à des tensions historiques entre les deux pays.
En ouverture de cette réunion, le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré : « Nous ne pouvons construire l’avenir que sur la vérité, le respect mutuel et la compréhension de l’Histoire ». Son homologue ukrainienne Ioulia Svyrydenko, envoyée à cette conférence pour remplacer Volodymyr Zelensky qui y était pourtant prévu avant les récentes frictions diplomatiques, a salué la volonté des Polonais de « construire un avenir commun ».
Les deux dirigeants, souriants, ont souhaité montrer leur proximité : « Vous êtes ici chez vous », a affirmé Donald Tusk à Ioulia Svyrydenko.
Cependant, dans des commentaires qui pourraient provoquer une réaction de Kiev, le chef du gouvernement polonais a également déclaré que l’Ukraine devait « comprendre sa propre histoire » et faire preuve d’une « capacité et d’une volonté authentiques de réconciliation » si elle souhaitait intégrer l’UE.
