Dérèglement climatique : France et certains pays inquiets des États-Unis
La France, rejointe par plusieurs pays, a « exprimé sa vive inquiétude » face à la « disparition progressive des références au changement climatique » dans les travaux du Traité de l’Antarctique. Dans un document officiel, la France a souligné que « le changement climatique était une réalité touchant tous les pays, quelles que soient leurs frontières ».
La France, accompagnée de plusieurs pays, a exprimé sa « vive inquiétude » concernant la « disparition progressive des références au changement climatique » dans les travaux du Traité de l’Antarctique. Cette évolution est préoccupante, surtout avec le retrait progressif des États-Unis dans certaines instances internationales.
Cet incident a eu lieu en mai dernier, lors d’une conférence dans la région d’Hiroshima, au Japon. Les 29 pays membres impliqués dans la recherche sur le continent antarctique y étaient présents, en parallèle d’une réunion du Comité pour la protection de l’environnement. Les discussions se sont tenues à huis clos, et le compte rendu a été récemment publié.
Dans ce document officiel, la position de la France est sans ambiguïté. « La France a souligné que le changement climatique était une réalité touchant tous les pays, quelles que soient leurs frontières. » Paris va plus loin en mettant en garde contre le fait de « refuser même de nommer le changement climatique », qualifiant cela de précédent dangereux. La France estime que cela représente « une évolution préoccupante pour la crédibilité d’un comité dont les travaux reposaient sur des faits scientifiques » et envoie un message négatif pour son avenir. Cette déclaration a été largement soutenue par la plupart des pays présents.
Le document ne mentionne aucun pays spécifiquement, mais il indique que les États-Unis ont choisi de mettre l’accent sur « la prise en compte des impacts de changements spécifiques sur l’environnement de l’Antarctique » plutôt que sur le changement climatique en général. Cela a été particulièrement évident dans les discussions sur les manchots empereurs, Washington souhaitant que « les recommandations fassent explicitement référence à la réduction de la glace de mer plutôt qu’au changement climatique de manière plus générale ». Ce glissement sémantique est loin d’être anodin.
Ce repositionnement s’inscrit dans une tendance plus large. Sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis ne participent plus directement aux COP sur le climat ni aux activités du Giec. Lors du G7 sous présidence française, les négociateurs avaient même choisi de ne pas inclure le climat à l’ordre du jour pour éviter de froisser le président américain. Cependant, les États-Unis restent engagés dans le Traité de l’Antarctique.
