Belgique

Peines de Paolo et Antonino Falzone fixées ce mercredi : moments forts du procès de Strépy-Bracquegnies

Le procès de Paolo Falzone, conducteur de la BMW ayant percuté le ramassage des gilles de Strépy-Bracquegnies le 20 mars 2022, a abouti à sa condamnation pour 7 meurtres et 79 tentatives de meurtres. Le jury a également reconnu Antonino Falzone coupable de non-assistance à personne en danger pour 59 personnes, dont 5 mineures.


Pendant plusieurs semaines, la cour d’assises du Hainaut a examiné l’un des drames les plus tragiques des dernières années : le procès de Paolo Falzone, le conducteur de la BMW qui a percuté le ramassage des gilles de Strépy-Bracquegnies le 20 mars 2022, causant sept morts et de nombreux blessés. Au cours des débats, des témoins ont présenté des analyses techniques tandis que d’autres ont partagé des témoignages émouvants, tous centrés sur une question fondamentale : « l’accusé a-t-il voulu tuer ? »

Le premier jour du procès a été dédié, comme le veut la procédure, à l’interrogatoire des accusés. Paolo Falzone a immédiatement reconnu qu’il était conscient de « conduire comme un fou ».

Dès les débuts des audiences, les enquêteurs ont rapporté les premiers appels reçus par les services de secours, qui faisaient état d’un véritable « carnage ». Ils ont décrit une scène de chaos, avec des victimes éparpillées sur plusieurs dizaines de mètres et des secouristes confrontés à une situation exceptionnelle. Les témoignages de ces enquêteurs et premiers intervenants, souvent bouleversés, ont permis de saisir l’ampleur du drame. Un secouriste, visiblement affecté, a évoqué le matin tragique et expliqué avoir dû enjamber une « rivière de sang ». Certains intervenants ont été véritablement traumatisés par les choix difficiles qu’ils ont dû faire parmi les victimes à secourir, menant même certains à renoncer à leur carrière. Ces récits ont aidé à reconstruire les premières heures après les faits et ont révélé la violence inouïe du choc.

L’émotion a atteint un nouveau sommet lorsque la cour a visionné une vidéo enregistrée par Paolo Falzone quelques instants avant l’impact. Captée depuis l’habitacle de la BMW, cette séquence a profondément marqué les parties civiles et témoins. Pour de nombreuses familles, ces images ont offert un aperçu direct du comportement du conducteur juste avant la tragédie.

L’expert automobile a aussi joué un rôle clé dans le procès, apportant des éléments décisifs. Marc Van Lierde, mandaté pour analyser la trajectoire et la vitesse du véhicule, a détaillé ses conclusions devant le jury, affirmant que Paolo Falzone n’avait pas freiné comme il l’a toujours soutenu. Il a précisé qu’à 140 km/h, il n’était pas à l’aise et a imaginé un piéton sur sa route. En se basant sur des données électroniques précises, il a démontré que si l’accusé avait freiné à son maximum, il aurait pénétré le groupe de victimes à une vitesse bien moindre, sans doute évitant des décès.

Ces éléments techniques ont constitué des preuves solides pour l’accusation, témoignant d’une prise de risque consciente. Plusieurs témoins dans la région ont corroboré que Paolo Falzone était connu pour sa conduite agressive, certains le décrivant comme un conducteur « roulant comme un taré ». Il a également accumulé de nombreux contraventions et on a établi que sa mère avait tenté de le couvrir, affirmant qu’elle était au volant lors de certaines infractions. Ces éléments ont suggéré une prise de risque répétée et consciente.

À mesure que le procès avançait, une question débattue était : Paolo Falzone a-t-il seulement tenu un comportement criminel ou a-t-il délibérément accéléré dans la foule ? Les avocats des parties civiles ont plaidé de manière offensive, soulignant que l’accusé ne pouvait ignorer les conséquences de sa conduite, insistant sur la vidéo et la configuration des lieux. L’avocat Mayence a même interrogé la cour sur la possibilité de préméditation, puisque l’une des victimes était restée 22 secondes sur le capot avant d’être écrasée après un freinage. Cela pourrait faire passer la peine maximale de 30 ans à la perpétuité.

Lors de la journée des plaidoiries, Grégory D’Andrea a pris la parole au nom de son frère décédé. Me Dimitri de Beco, à son tour, a qualifié l’accusé d’assassin et certains avocats ont suggéré que Paolo Falzone avait volontairement voulu filmer un moment spectaculaire. L’avocat général a requis des sanctions sévères, demandant à la cour de considérer sept meurtres et un assassinat, proposant ainsi une réclusion criminelle à perpétuité.

Finalement, après deux jours de délibération, le jury a suivi la majorité des réquisitions, condamnant le conducteur à sept meurtres et 79 tentatives de meurtre, sans retenir la préméditation. Le passager Antonino Falzone a été reconnu coupable de non-assistance à personne en danger sur 59 personnes. Pour plusieurs victimes, ce verdict a représenté un immense soulagement, leur permettant d’affirmer que « ce n’était pas un accident ».