Rachat de SFR : Les opérateurs ne promettent pas de hausse des tarifs, doutes persistants.
Orange, Bouygues Telecom et Iliad (Free) ont conclu un accord de rachat à 20,35 milliards d’euros, assurant que les abonnés n’ont rien à craindre côté tarifs. Stéphane Dubreuil, expert en télécommunications, estime que « l’hypothèse la plus commune est une remontée des prix assez douce sur deux ans de 5% à 7% ».
Les tarifs vont-ils augmenter avec le rachat de SFR ? Les opérateurs cherchent à apaiser les craintes. Orange, Bouygues Telecom et Iliad (Free), qui ont conclu un accord d’achat à 20,35 milliards d’euros, affirment que les abonnés n’ont rien à craindre en ce qui concerne les prix.
« Cette transaction et la valeur créée par cette transaction ne viennent absolument pas d’hypothèses de prix qui augmenteraient », a affirmé Christel Heydemann, directrice générale d’Orange. Cela répond directement aux préoccupations liées à la réduction du nombre d’opérateurs, passant de quatre à trois en France.
### Les prix vraiment à l’abri ?
Pour Orange, la position est nette : aucune augmentation des tarifs n’est envisagée. L’opérateur soutient qu’il devra, au contraire, maintenir ou améliorer la qualité de service pour fidéliser sa clientèle, notamment durant la transition des abonnés SFR vers son propre réseau. Free partage ce point de vue. « Nous disposerons d’autant plus de moyens, notamment financiers, pour investir, afin de nous différencier. […] J’ai la conviction que cette opération va renforcer la concurrence », a déclaré Thomas Reynaud, directeur général d’Iliad.
Les entreprises veulent demeurer compétitives. « Nous sommes évidemment déterminés à gagner, à rester leaders en France, et donc la concurrence entre les trois opérateurs restera […] aussi intense qu’elle l’a été par le passé », a assuré Christel Heydemann. Le message est clair : moins d’opérateurs ne signifie pas moins de concurrence. Au contraire, les opérateurs promettent davantage d’investissements et d’innovation pour se distinguer, en particulier sur les services et le réseau.
### Des doutes persistants malgré tout
Cependant, les interrogations persistent. Le passage à trois opérateurs engendre depuis plusieurs mois des inquiétudes quant à une éventuelle augmentation des prix, un scénario déjà constaté ailleurs en Europe selon certains analystes. L’approbation des autorités de la concurrence sera donc cruciale. Elles devront s’assurer que cette opération historique ne réduit pas la pression sur les tarifs pour les consommateurs.
En se basant sur les consolidations observées en Irlande, en Allemagne et au Royaume-Uni, Stéphane Dubreuil, expert en télécommunications, estime que « l’hypothèse la plus commune est une augmentation des prix assez modérée sur deux ans de 5 % à 7 % ».
« Il y aura probablement des promotions un peu moins intenses qu’aujourd’hui » mais pas nécessairement « une hausse drastique des prix », souligne également Sylvain Chevallier, analyste en télécommunications et associé du cabinet de conseil BearingPoint.

