Trafic en hausse, bénéfices en baisse : prévisions aériennes 2026
En 2026, l’Association du transport aérien international (Iata) prévoit un bénéfice de 23 milliards de dollars pour ses compagnies membres, en baisse par rapport aux 45 milliards de dollars de 2025. Les compagnies du Moyen-Orient devraient enregistrer une marge nette négative de -6,1 % en 2026, alors qu’elles avaient la plus élevée au monde en 2025 avec 9,4 %.
Plus de trafic mais des bénéfices divisés par deux par rapport à l’année précédente… Les compagnies aériennes dévoilent leurs prévisions pour 2026 et, d’après elles, le prix élevé du kérosène n’empêche pas totalement les gens de voyager. Lors d’un congrès à Rio de Janeiro, l’Association du transport aérien international (Iata) estime que ses compagnies membres, représentant 85 % du trafic mondial, transporteront 5,1 milliards de passagers.
Interrogé par la presse sur l’impact de la guerre au Moyen-Orient comparé à celui de la pandémie de Covid en 2020-2021, le directeur général de l’organisation, Willie Walsh, a déclaré : « Je ne vois pas ça comme une crise ». Il a ajouté : « Vous voyez là un secteur qui table sur une croissance ». Mieux encore : « Si l’on exclut l’impact du Moyen-Orient, nous visons une croissance de 3,5 % ».
Cela représente une augmentation de 2,4 % par rapport à 2025, où l’estimation provisoire évoquait 4,98 milliards de passagers. La barre des 4 milliards avait été franchie en 2023. Cependant, cette légère croissance s’accompagnera d’une rentabilité deux fois inférieure à celle de l’année précédente, et même de pertes pour les compagnies du Moyen-Orient. Willie Walsh a commenté : « Les perturbations au Moyen-Orient dues à la guerre et la hausse des coûts des carburants ont fait virer les perspectives pour les compagnies aériennes dans le mauvais sens ».
De 45 milliards de dollars de bénéfices en 2025 à 23 milliards en 2026
« Les bénéfices vont se contracter, de 45 milliards de dollars en 2025 à 23 milliards cette année. Et les marges vont se réduire, passant de 4,2 % à 2,0 % », a-t-il ajouté en évoquant la marge nette. Selon les calculs de l’Iata, le bénéfice net devrait s’établir à 4,50 dollars par passager, soit deux fois moins qu’en 2025.
« Dans ces circonstances, cela montre de la résilience. Mais ça ne permet même pas d’acheter un hot dog dans la plupart des stades de la Coupe du monde, et ça ne laisse pas beaucoup de sécurité si d’autres coûts ou des impôts devaient augmenter », a déclaré Willie Walsh. Avec la hausse des coûts du carburant, répercutée en partie sur les prix des billets, le chiffre d’affaires des membres de l’Iata devrait progresser de 9 % cette année, atteignant 1.165 milliards de dollars.
« Les compagnies aériennes encaissent la majorité du choc des prix du carburant. Même si les prix des billets augmentent, elles en absorbent encore une partie sur leurs résultats », a estimé l’Association, qui regroupe plus de 370 compagnies membres.
Les compagnies aériennes du Moyen-Orient en difficulté
Les projections de l’organisation indiquent que la rentabilité sera très variable en fonction des régions du monde. Les compagnies du Moyen-Orient, traditionnellement avec un accès à un kérosène abondamment produit localement, devraient subir une année difficile. Leur marge nette, la plus élevée au monde en 2025 (9,4 %), devrait devenir négative en 2026 (-6,1 %). Pour ces compagnies, comme Emirates ou Qatar Airways, « le chemin pour se rétablir dans l’immédiat a des chances de passer par des prix avantageux plutôt que par un rétablissement rapide des volumes », selon l’Iata.
Les compagnies d’Europe devraient ainsi devenir les plus rentables (3,1 % de marge nette), suivies de celles d’Amérique du Nord (2,5 %) et d’Asie-Pacifique (2,1 %).
Malgré l’incertitude géopolitique importante et l’incapacité à prévoir la durée de la guerre, l’Iata n’est pas alarmée quant à la demande. Selon ses calculs, le prix moyen d’un billet a chuté de 26 % en dix ans.

