France

Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann ne se déclare pas encore.

Raphaël Glucksmann a dévoilé ses ambitions pour la présidentielle 2027 et a sorti un livre de pré-campagne intitulé « Nous avons encore envie » la semaine passée. Il tiendra son premier grand meeting le 13 juin, à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis.


Va-t-il se lancer dans la course à l’Élysée ? Depuis plusieurs mois, Raphaël Glucksmann exprime ses ambitions pour la présidentielle de 2027. Le leader de Place Publique a publié un ouvrage de pré-campagne intitulé « Nous avons encore envie » (Allary Éditions) la semaine dernière. Cependant, alors que beaucoup s’attendaient à une déclaration de candidature lors du JT de TF1, l’eurodéputé a finalement… esquivé la question. « Je me donne trois mois pour sillonner le pays et proposer (un) nouveau contrat patriotique, trois mois pour réunir ma famille politique », a-t-il déclaré. Pourquoi l’eurodéputé prend-il tant de temps avant d’entrer dans la bataille ?

Des premiers doutes ?

Ce retard à l’allumage n’a pas échappé à ses adversaires politiques, notamment à ceux de La France insoumise. « Glucksmann a fait le 20h pour annoncer qu’il prend de belles vacances », a raillé sur X le député insoumis Paul Vannier, un des lieutenants de Jean-Luc Mélenchon, déjà engagé dans la campagne. Du côté du PS, allié à Place Publique lors des dernières élections européennes, cette posture d’attente suscite également des interrogations.

« Avec ces trois mois, il laisse entendre qu’il pourrait ne pas être candidat, c’est flou. Et quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup », a commenté un ancien ministre et cadre du PS. « On est candidat ou on ne l’est pas. Cette sortie au JT, ce n’est pas vraiment habile », a-t-il ajouté. Dans l’entourage de Raphaël Glucksmann, on balaie toute idée de doute. « Ça a peut-être été mal compris, mais ces trois mois démontreront qu’il a une détermination à toute épreuve, et tous ceux qui doutent de sa candidature en seront pour leurs frais », a rétorqué un de ses soutiens.

Primaire ou pas ?

Faut-il interpréter ce report de candidature comme un doute lié aux sondages ? Le député européen de Place Publique se vante d’être l’une des rares personnalités de sa famille politique à avoir obtenu « un score à deux chiffres à une élection nationale depuis plus de dix ans » (13,83 % aux européennes de 2024). « Il a eu de bons résultats, mais il n’a manifestement pas la légitimité pour dominer le match et s’imposer à toute la gauche non-mélenchoniste. C’est donc plutôt astucieux de dire qu’il sera disponible dans trois mois s’il peut rassembler sans créer de confusion », a confié Romain Eskenazi, député PS du Val-d’Oise.

Dans les dernières enquêtes d’opinion pour la présidentielle, Raphaël Glucksmann est crédité de 11 à 14 % selon les scénarios. « Toute sa stratégie de rassemblement de la gauche non-mélenchoniste se résume à une évidence sondagière, mais il n’est ni clairement devant Mélenchon, ni qualifié pour le second tour », a analysé le député PS Laurent Baumel. « Peut-être qu’il se laisse donc trois mois pour revoir sa stratégie et envisager une participation à une primaire. La seule candidature rationnelle, c’est celle de l’unité à gauche », a ajouté l’élu d’Indre-et-Loire.

Rejet de la primaire

Raphaël Glucksmann a affirmé depuis des mois sa volonté de rassembler la gauche hors-LFI, mais il a également écarté l’idée de participer à la primaire proposée par Olivier Faure, Marine Tondelier ou François Ruffin. Le dirigeant du PS a récemment tenté d’attirer l’ex-allié, avec une proposition de double primaire : une première entre les socialistes et Raphaël Glucksmann, et une seconde avec le reste de la gauche.

« On réfléchit à apprendre le mandarin, le farsi ou toute autre langue que pourront comprendre les gens qui essaient de proposer des inepties auxquelles nous avons exprimé notre opposition dès le départ », a balayé Sacha Houlié, député proche de l’eurodéputé de Place Publique. Bien qu’il repousse son annonce de candidature, Raphaël Glucksmann n’a pas cessé de faire campagne. L’élu européen tiendra d’ailleurs son premier grand meeting le 13 juin à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis.