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QRÂ : Les boissons sans alcool ne sont-elles pas trop coûteuses ?

Les boissons sans alcool comme les « bières 0% » sont soumises à 6% de TVA, tandis que les boissons alcoolisées sont soumises à 21% de TVA. Selon le bureau d’études YouGov, il y a eu une augmentation de 17% des ventes de bières, vins et autres spiritueux sans alcool entre 2024 et 2025.


Mathilde Holef, de Molenbeek, pose la question suivante : « Pourquoi les boissons non alcoolisées coûtent-elles aussi chères que les boissons alcoolisées alors qu’elles ne sont pas taxées ? »

Dans les grandes surfaces, les boissons sans alcool, telles que les « bières 0% », sont soumises à une TVA de 6%, tandis que les boissons alcoolisées sont taxées à 21%. Les prix varient d’un produit à l’autre.

Plusieurs méthodes existent pour fabriquer des boissons sans alcool. Le coût de fabrication d’un produit représente une partie significative de son prix.

### La désalcoolisation

La désalcoolisation consiste à retirer l’alcool d’un produit qui en contient à l’origine. Cette technique est principalement utilisée pour produire des bières ou des vins sans alcool. Les producteurs commencent par utiliser une boisson alcoolisée, puis ils retirent tout ou partie de l’alcool pour obtenir une version « sans alcool » ou « low alcohol ». Selon la réglementation européenne, une boisson dite sans alcool contient généralement ≤ 0,5% vol.

Pour retirer l’alcool, les producteurs utilisent des techniques spécifiques comme l’évaporation sous vide à basse température.

Ce processus nécessite non seulement des équipements spécialisés, mais également une perte importante de volume. Par exemple, pour obtenir 1 litre de vin désalcoolisé, il faut traiter plus de 1,2 litre de vin de départ, ce qui affecte le taux de rentabilité.

Quant aux boissons spiritueuses, la désalcoolisation est moins courante en raison de leur teneur initiale en alcool, souvent plus élevée. Le procédé entraîne des pertes de volume significatives, pouvant atteindre entre 20 et 40%, car il est nécessaire de pousser le processus plus loin pour éliminer l’alcool à de tels niveaux de concentration.

### Recommencer à zéro

Souvent employée pour la production de spiritueux comme le gin, la fabrication d’un produit sans alcool original peut nécessiter des années de recherche et de développement. « La qualité du produit final doit être irréprochable, car l’absence d’alcool fragilise naturellement la stabilité microbiologique et la conservation du produit. Il faut donc redoubler de vigilance sur la maîtrise des procédés, l’hygiène, la filtration et la stabilité aromatique, » explique Geert Van Lerberghe, directeur général de Vinum et Spiritus. « Ce processus implique non seulement des équipements spécialisés, mais également une perte importante de volume. Par exemple, pour 1 litre de vin désalcoolisé, il faut traiter plus de 1,2 litre de vin de départ. »

Le coût d’une boisson non alcoolisée est donc largement déterminé par le processus de fabrication.

### Économie d’échelle

Avec seulement 1 bière sur 10 achetée dans sa version sans alcool, les volumes de production des boissons sans alcool restent inférieurs à ceux des boissons alcoolisées. Cette proportion limite les économies d’échelle et contribue à un coût unitaire plus élevé, tant pour la production que pour la distribution.

Les ventes de bières, vins et autres spiritueux sans alcool continuent néanmoins de progresser chaque année. Le bureau d’études YouGov estime qu’il y a eu une augmentation de 17% des ventes entre 2024 et 2025. Les familles plus âgées achètent beaucoup plus de boissons alcoolisées que les jeunes familles.

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