Le Brésil n’est pas « une République de pacotille » : colère de Lula contre les États-Unis.
Le président brésilien Lula a critiqué, vendredi, la décision des Etats-Unis de classer le Primeiro Comando da Capital (PCC) et le Comando Vermelho (CV) parmi les organisations terroristes, dénonçant une atteinte à la souveraineté du Brésil. Dans un communiqué publié vendredi, Brasilia a estimé que ces « mesures unilatérales » risquaient de représenter « un possible retour en arrière dans la lutte contre la criminalité, un risque pour la vie humaine et un préjudice économique pour le pays ».
C’est un véritable cri de colère. Le président brésilien Lula a sévèrement critiqué, vendredi, la décision des États-Unis de qualifier le Primeiro Comando da Capital (PCC) et le Comando Vermelho (CV) d’organisations terroristes. Lors d’une visite dans l’État de Sergipe, il a dénoncé une atteinte à la souveraineté du Brésil. « Nous n’acceptons pas d’être traités comme des gamins, nous n’acceptons pas d’être traités comme si nous étions une république de pacotille », a-t-il affirmé, avant d’ajouter : « Ne jouez pas avec la souveraineté de ce pays. Ne jouez pas avec notre démocratie. »
Le gouvernement brésilien rejette cette désignation, arguant que ces groupes relèvent du crime organisé transnational. Le commissaire de la police fédérale Luciano Flores a rappelé qu’ils « n’entrent pas dans le champ d’application de la loi » brésilienne sur le terrorisme et sont considérés comme des « organisations criminelles opérant à l’échelle internationale ».
Washington défend, au contraire, cette décision. Dans un communiqué publié jeudi, le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré que le PCC et le CV « comptent parmi les organisations criminelles les plus violentes du Brésil ». Les deux groupes sont notamment impliqués dans le trafic de cocaïne et exercent une forte influence dans plusieurs régions du pays.
Lula a également réagi aux déclarations de Marco Rubio. « Je suis très triste aujourd’hui car un certain Marco Rubio a dit que nos criminels sont des terroristes et que les Américains peuvent intervenir » au Brésil, a-t-il indiqué. Tout en promettant de les combattre, il a précisé : « Ils sont des terroristes pour la société brésilienne, pour les peuples des quartiers pauvres, et nous allons les combattre ici. » Selon lui, « ce ne sont pas les terroristes que Trump recherche, Trump veut des types comme Oussama ben Laden ».
Dans un communiqué publié vendredi, Brasília a estimé que ces « mesures unilatérales » risquaient de représenter « un possible retour en arrière dans la lutte contre la criminalité, un risque pour la vie humaine et un préjudice économique pour le pays ». Cette controverse survient alors que la sécurité est l’un des principaux enjeux de la campagne présidentielle d’octobre.
L’annonce américaine est intervenue après que le sénateur Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, a indiqué avoir demandé à Donald Trump de désigner le PCC et le CV comme organisations terroristes. Sur Instagram, il a écrit : « Pendant que Lula se mettait à genoux devant Trump pour faire du lobbying en faveur du CV et du PCC, moi je suis allé travailler à ce qu’ils soient traités comme des terroristes, ce qu’ils sont. » Lula l’a ensuite accusé « de trahir notre patrie en se rendant aux États-Unis pour implorer une intervention américaine au Brésil ».

