Canicule : arbres à planter pour ne pas subir la chaleur ?
Un parasol peut aider à atténuer la chaleur, mais un arbre avec un feuillage végétal est préférable, selon Romain Voisin, architecte paysagiste de la société Les bâtisseurs du paysage. Les platanes et micocouliers présentent de plus en plus de difficultés à s’épanouir dans le sud de la France, car ils nécessitent un arrosage important et régulier.

Lorsqu’il s’agit de trouver un endroit pour échapper à la chaleur et à la canicule, avoir un parasol est utile, mais un arbre est encore mieux. Cependant, tous les arbres ne sont pas égaux dans cette lutte.
« Ce qui est important, c’est le feuillage végétal », explique à 20 Minutes Romain Voisin, architecte paysagiste de la société Les bâtisseurs du paysage, située à Antibes, pour qui « l’idéal est que la canopée produise de l’ombre par strate, et pas seulement sur un étage ».
Pour y parvenir, il faut éviter les essences habituelles du Sud de la France, comme les pins parasol, les chênes kermès, ainsi que les cèdres du Liban et les cyprès. « Tous les arbres à aiguille, la végétation de la garrigue, ont un feuillage court pour limiter la transpiration, mais ils n’offrent pas assez d’ombre. »
Il est donc conseillé de privilégier des essences à « macro-feuillage », souvent d’origine tropicale. « Les ficus et les brachychitons ont de grandes feuilles et s’adaptent très bien à notre climat, là où une essence classique s’abîmera rapidement », recommande le paysagiste. « Cela fait cinquante ou cent ans que nous en plantons dans nos régions et nous en plantons de plus en plus. Ils nécessitent un peu d’arrosage durant les trois à quatre premières années, mais une fois bien enracinés, leurs besoins sont faibles. »
Une ombre c’est bien, des étages d’ombre, c’est mieux
Mais au-delà des arbres, « il est également important d’avoir une bonne couverture végétale au sol, comme un massif, une prairie ou une pelouse – les gazons étant à éviter car ils requièrent un arrosage très régulier ». En ajoutant des arbustes et des graminées en plus d’arbres à feuillage imposant, « l’objectif est de créer des étages d’ombre pour empêcher l’accumulation de chaleur et éviter que le soleil ne tape directement sur le sol », souligne Romain Voisin.
Bien que les platanes et micocouliers offrent un feuillage dense, leur développement est de plus en plus difficile dans le sud de la France. « Ce sont des arbres qui nécessitent un arrosage important et régulier pendant plusieurs années, supérieur à certaines essences tropicales. De plus, ils sont sensibles aux maladies, ce qui entraîne un risque élevé de perte. »
Le paysagiste met également un point d’honneur à choisir les revêtements de sol, en évitant les surfaces sombres et noires, notamment dans les établissements scolaires. « Dans le cadre du « Green deal » mis en place par l’UE, nous travaillons actuellement sur plusieurs écoles de la région, où de nombreuses cours de récréation se résument à quatre murs et un enrobé de béton. »
Cette situation, semblable à une fournaise, doit être améliorée grâce à des revêtements clairs, perméables, et à l’ombrage des cours, pour espérer « économiser » jusqu’à 10 °C de température. Par forte chaleur, cela fait une grande différence entre un espace presque agréable et un lieu à peine vivable.

