Lyon Pocket : l’application de navigation la plus téléchargée.
L’application Lyon Pocket a atteint près de 20.000 téléchargements en deux semaines et est numéro un des applications de navigation sur l’App Store en France. Depuis son lancement, elle permet de suivre en direct les transports et les travaux de la métropole de Lyon sans publicité ni récupération de données.
Bientôt 20 000 téléchargements en deux semaines. Lyon Pocket se classe numéro un des applications de navigation sur l’App Store et septième toutes catégories confondues, devançant des applications comme Tinder et TikTok en France. Depuis son lancement, cette application, qui permet de suivre en temps réel les transports et les travaux de la métropole de Lyon, connaît un succès fulgurant. « Je ne réalise toujours pas. C’est autant d’utilisateurs que d’habitants à Givors », déclare, avec le sourire, Solal Gendrin, son créateur âgé de 28 ans.
À l’origine, ce chef de projet chez Vazy et conseiller métropolitain à Villeurbanne souhaitait « simplement recréer l’application TCL Live », disparue en décembre 2025, dont les fonctionnalités ont été intégrées dans l’application TCL. « J’ai vu plusieurs commentaires d’utilisateurs insatisfaits et nostalgiques, raconte-t-il. Et comme les données de la métropole sont en accès libre, je me suis dit qu’il fallait les utiliser. » Il a donc commencé à concevoir l’application seul, le soir, devant son ordinateur, à partir de janvier. Quatre mois plus tard, Lyon Pocket était lancée après plus de 150 heures de travail en parallèle de ses autres activités, motivée par une pure « passion pour les transports en commun ».
Lyon Pocket permet de suivre en direct – « à quelques secondes près », précise Solal Gendrin – l’arrivée des bus, trams, funiculaires et métros. Toutes les lignes y figurent. L’application affiche également l’état d’avancement des travaux de la métropole, le nombre de places disponibles en temps réel dans les parkings des parcs relais et de certains parkings LPA, ainsi que l’emplacement des arceaux à vélo et deux-roues.
Petit plus : « On peut créer des widgets pour voir apparaître notre ligne préférée directement sur l’écran d’accueil de notre téléphone, sans même rouvrir l’application », souligne fièrement le créateur de Lyon Pocket. Le tout est 100 % gratuit, sans publicité ni collecte de données. Solal Gendrin « ne gagne rien », mais tire « la satisfaction de voir les gens utiliser son application ».
Les nombreuses fonctionnalités expliquent-elles ce succès ? Pour le concepteur, l’engouement provient surtout d’« un besoin ». « Lyon Pocket vient s’ajouter à des outils de mobilités existants, sans ambition de les remplacer, explique-t-il. Contrairement à d’autres, Lyon Pocket n’a pas la fonctionnalité de proposer des itinéraires, par exemple. » Il rappelle également que le classement sur l’App Store est temporaire et que Lyon Pocket bénéficie d’un effet de nouveauté.
« Après, si elle dépasse des applications d’ampleur nationale, c’est aussi parce qu’elle a été pensée pour les habitants du Grand Lyon. Certains aiment aussi mettre en avant le travail local et s’éloigner des applications des géants américains », constate-t-il. Il précise cependant que le succès ne lui revient pas entièrement. « Quand on l’a sous les yeux, ça semble évident, mais rien n’aurait été possible sans l’énorme travail préalable des services de la métropole, souligne-t-il. Poser les balises, intégrer la technologie pour suivre la géolocalisation des véhicules, etc. Je ne suis que le dernier maillon de la chaîne, récupérant les informations pour les transformer et les rendre utiles à tous. »
Quelles sont les prochaines étapes ? La voie est déjà bien tracée, avec une version Android, « très demandée », assure Solal Gendrin. Une mise à jour est également prévue pour fournir des données encore plus fiables, afficher la photo du véhicule qui arrive et indiquer si le bus est climatisé ou non.
À plus long terme, il souhaite développer un widget dédié aux Vélo’v, le service de vélos en libre-service de la métropole. « L’idée serait de connaître en temps réel les vélos disponibles à une station et les places libres pour les déposer ailleurs, sans passer par l’application dédiée », explique-t-il. Cela nécessitera aussi de gérer l’afflux d’utilisateurs et de corriger les bugs. Plus tôt dans la semaine, le concepteur a dû intervenir suite à plus de 100 000 requêtes en moins de 24 heures. « Plus il y aura d’utilisateurs, plus cela demandera de temps », admet-il, conscient.
Parallèlement, il travaille sur Open Projets, une carte interactive qui recense tous les chantiers d’une collectivité, en explique les raisons, les avancées, la durée et les contacts utiles. Ce projet est une version améliorée de ce qu’il a intégré dans Lyon Pocket. « Mon but est que les métropolitains sachent ce qui se passe près de chez eux concernant les travaux », affirme-t-il. Pour l’instant, le conseiller métropolitain n’a pas été contacté par TCL ni par le Sytral, mais il se dit « ouvert » à une rencontre. « Mon code est en open source, donc il est tout à fait possible de s’en emparer », conclut-il, encourageant d’autres collectivités à développer des services similaires. « Là, c’est sûr que je ne pourrais plus le faire tout seul », lance-t-il en riant.

