Meurtre de Jonathan : le procès de Martin Ney ne révèle pas de ressemblances avec les cas allemands.
Jonathan Coulom a été enlevé et tué en 2004 pendant une classe de mer à Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique). Martin Ney a avoué être l’auteur des enlèvements et des meurtres de trois jeunes garçons en 2011.
Pour comprendre la mort de Jonathan Coulom, enlevé et tué en 2004 durant une classe de mer à Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique), il est nécessaire de remonter plusieurs années en arrière. Il faut interroger des disparitions très similaires et comparer les réactions d’un accusé déjà condamné pour des faits semblables.
Au quatrième jour de son procès en France, le pédocriminel allemand Martin Ney apparaissait une nouvelle fois détaché, presque indifférent face à l’énumération des accusations à son encontre, ainsi qu’à celles pour lesquelles il a déjà été condamné : les meurtres de Stefan Jahr, Dennis Rostel et Dennis Klein, âgés de 8 à 13 ans. « On ne refait pas le procès de ces affaires, mais il est important de les évoquer à nouveau », avait souligné la présidente le premier jour de l’audience.
**Des procédés similaires ?**
Vendredi après-midi, des enquêteurs allemands ont été entendus à Nantes. Ils ont été interrogés sur les enlèvements et les meurtres de trois jeunes garçons, dont Martin Ney avait admis être l’auteur en 2011. Les ressemblances avec le meurtre de Jonathan Coulom sont, à première vue, manifestes : des disparitions nocturnes dans des établissements accueillant des mineurs, des corps découverts à quelques dizaines de kilomètres, souvent recroquevillés, nus ou presque.
« Dès que nous avons pris connaissance du cas en France, nous nous sommes déplacés », se souvient Martin Erftenbeck, enquêteur allemand à la retraite. Cependant, en France, l’affaire a longtemps stagné, explorant plusieurs pistes, dont celle d’un deuxième suspect, sans grande conviction.
**Manque de précisions**
Lorsque l’enquêteur est interrogé sur les similitudes entre les enquêtes allemandes et le dossier français, il semble hésitant. « Je ne me rappelle pas », « je n’étais pas là ce jour-là », « je ne saurais pas vous dire ». La première disparition en Allemagne remonte à 1992, soit vingt ans avant la condamnation de Martin Ney. En l’absence d’aveux de ce dernier, les meurtres des trois garçons seraient sans doute restés dans l’ombre, suggère l’ancien directeur d’enquête.
Une scène semble néanmoins demeurer gravée dans la mémoire de l’enquêteur : l’agitation de l’accusé lors d’un transfert en voiture après son arrestation en 2011. « Il a commencé à avoir des problèmes de respiration, il avait du mal à contrôler ses bras et ses jambes, relate Martin Erftenbeck, le lendemain il avouait avoir tué les trois garçons. »
Dans le box, Martin Ney semblait presque en vacances, n’ayant pas réagi durant l’après-midi. La justice devra déterminer, le 4 juin, si Stefan Jahr, Dennis Rostel, Dennis Klein et Jonathan Coulom ont été les victimes d’un même bourreau.

