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Ebola : Suivi de l’épidémie en République démocratique du Congo

L’Organisation mondiale de la santé a déclenché une alerte sanitaire internationale face à une épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, alors qu’il n’existe ni vaccin, ni traitement pour le variant en circulation. À ce stade, 91 décès signalés ont vraisemblablement été causés par Ebola, selon les derniers chiffres donnés dimanche par le ministre de la Santé congolais, Samuel-Roger Kamba.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a émis une alerte sanitaire internationale face à une épidémie de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC), alors qu’aucun vaccin ni traitement pour le variant en cours n’est disponible. Ebola entraîne une fièvre hémorragique extrêmement contagieuse. Ce virus redoutable a causé plus de 15.000 décès en Afrique au cours des cinquante dernières années. Que savons-nous sur l’épidémie actuelle ? Voici un point de situation.

91 décès présumés liés au virus

Pour le moment, 91 décès signalés sont vraisemblablement attribuables à Ebola, d’après les dernières données communiquées dimanche par le ministre congolais de la Santé, Samuel-Roger Kamba. Près de 350 cas suspects ont été reportés, principalement parmi des personnes âgées de 20 à 39 ans. Plus de 60 % d’entre eux sont des femmes. Jusqu’à présent, peu d’échantillons ont pu être testés en laboratoire, et les bilans reposent essentiellement sur des cas de suspicion.

Absence de vaccin

La souche de virus à l’origine de l’épidémie actuelle est désignée sous le nom de Bundibugyo. Il n’existe pas de vaccin ni de traitement spécifique pour ce variant. Les mesures mises en place pour tenter de limiter sa propagation reposent donc essentiellement sur le respect des mesures barrières et la détection rapide des cas pour réduire les contacts. Les vaccins anti-Ebola existants ne sont efficaces que contre la souche Zaïre, responsable des plus grandes épidémies enregistrées.

La souche Bundibugyo n’a provoqué que deux épidémies dans le monde avant celle-ci : en Ouganda en 2007 et en RDC en 2012. Le taux de mortalité associé à cette souche était de 30 % à 50 %.

Un risque pour la région

Le centre de l’épidémie se situe dans l’Ituri, province du nord-est de la RDC, à la frontière de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Cette région, riche en or, connaît de forts mouvements de population en raison de l’activité minière, et l’accès à certaines parties de la province est compliquée à cause des violences orchestrées par des groupes armés.

Le virus s’est déjà répandu au-delà des frontières de l’Ituri et de la RDC. Un cas a été enregistré à Goma, grande ville de l’est congolais contrôlée par le groupe armé antigouvernemental M23, et capitale du Nord-Kivu, province voisine de l’Ituri. Deux décès ont également été signalés en Ouganda, selon l’OMS. Il s’agit de personnes qui avaient voyagé depuis la RDC et aucun foyer d’épidémie local n’a été observé. Pour ces trois cas, des tests de laboratoire ont confirmé le lien avec Ebola.

L’Africa CDC, l’agence sanitaire de l’Union africaine, estime que le risque de propagation vers les pays d’Afrique de l’Est voisins de la RDC est « élevé ». L’OMS a activé dimanche son deuxième niveau d’alerte internationale le plus élevé face à cette épidémie d’Ebola.

Une propagation rapide

L’épidémie d’Ebola la plus meurtrière en RDC a causé près de 2.300 morts pour 3.500 malades entre 2018 et 2020. L’épisode précédent à l’épidémie actuelle a causé 45 morts entre septembre et décembre 2025, selon l’OMS. Le vaste pays d’Afrique centrale, qui compte plus de 100 millions d’habitants, a donc une grande expérience dans la gestion d’Ebola. Cependant, les caractéristiques de l’épidémie actuelle, la 17e en RDC, suscitent l’inquiétude parmi les experts du virus.

« C’est une épidémie qui va se répandre très rapidement, d’autant plus qu’elle se développe dans une province très peuplée », a déclaré Jean-Jacques Muyembe, virologue et codécouvreur d’Ebola en 1976, à l’AFP. Si tous les cas suspects étaient confirmés, cette épidémie se classerait au septième rang des épidémies les plus importantes jamais connues, toutes souches confondues, et au deuxième rang des plus grandes épidémies d’Ebola non Zaïre, selon des spécialistes.