Electra propose un litre d’essence à 42 centimes, mais…
Electra déploie ce 18 mai 2026 sa tarification dynamique sur ses stations françaises les plus fréquentées, avec un tarif plancher à 0,19 €/kWh en heures creuses. L’opérateur revendique aujourd’hui plus de 300 stations et 1 700 points de charge en France, avec un objectif de 2 200 stations en Europe d’ici la fin de la décennie.

L’opérateur de recharge ultra-rapide Electra adopte un modèle à trois créneaux sur ses bornes les plus sollicitées : heures creuses, normales et de pointe. Ces trois tarifs, affichés à l’avance dans l’application, sont garantis durant toute la session, peu importe le moment de la fin de la recharge.
Concrètement, les heures creuses chez Electra correspondent aux périodes de faible affluence, communiquées dans l’application avant chaque recharge. Celles-ci se situent typiquement en milieu de journée et en fin de soirée, lorsque la demande sur les stations urbaines diminue. En revanche, les créneaux de pointe, qui concernent le matin et la fin d’après-midi en semaine, appliquent le tarif plein, jusqu’à 0,41 €/kWh avec l’abonnement Smart. Le prix est fixé dès le début de la session : si la recharge dépasse le créneau suivant, le tarif d’entrée reste applicable.
Le tarif « le plus bas du marché »
Côté tarif phare : 0,19 €/kWh pendant les heures creuses avec l’abonnement Smart, qu’Electra présente comme « le plus bas du marché » pour de l’ultra-rapide en France. À noter que ce tarif n’est pas disponible sans abonnement.
Par ailleurs, Electra refond sa gamme tarifaire. L’abonnement Essential à 1,99 €/mois offre 10 centimes de réduction par kWh à toute heure. L’abonnement Smart à 4,99 €/mois permet d’obtenir 20 centimes de réduction, un avantage équivalent à l’ancien Boost mais à moitié prix (Boost était à 9,99 €).
Il est important de préciser qu’Electra ne met pas en place sa nouvelle tarification sur l’ensemble de son réseau d’un seul coup. La tarification dynamique sera d’abord appliquée sur les stations les plus fréquentées. Actuellement, l’opérateur revendique plus de 300 stations et 1 700 points de charge en France, avec l’objectif d’atteindre 2 200 stations en Europe d’ici la fin de la décennie. Le nombre exact de stations concernées par les trois créneaux au lancement n’a pas été précisé.

Les abonnements Start et Boost demeurent disponibles : les abonnés actuels conservent leurs conditions et peuvent migrer quand ils le souhaitent, sans frais supplémentaires. Ainsi, un abonné Boost qui utilise principalement les autoroutes constatera que le passage à Smart est presque évident : même kilowattheure à 0,29 €, mais 5 € de moins par mois.
Moins cher qu’à la maison, vraiment ?
La promesse mérite d’être vérifiée. À 0,19 €/kWh, Electra se situe effectivement en dessous du tarif réglementé de vente en option Base, fixé à 0,194 €/kWh depuis février 2026 (basé sur la facture moyenne d’un foyer français sans aménagement particulier). Cependant, il est important de noter qu’un conducteur de voiture électrique averti a généralement opté pour un contrat heures pleines/heures creuses, où le kWh nocturne est à 0,1579 € chez EDF. En utilisant le tarif Tempo pendant les heures creuses des jours bleus (300 jours par an), on atteint un prix de 0,1325 €/kWh. Dans ce cas, Electra devient plus coûteux : 43 % au-dessus du tarif domestique. La comparaison du « moins cher qu’à domicile » concerne un foyer au tarif Base, et non une personne ayant déjà optimisé sa recharge à domicile.

En comparaison avec la concurrence dans le domaine de l’ultra-rapide, la situation est plus claire. Les tarifs des Superchargeurs Tesla ont augmenté en France au printemps 2026, et Ionity a abandonné son tarif unique en avril. Pour l’ultra-rapide avec abonnement, Electra Smart à 0,19 € pendant les heures creuses se positionne seule à ce niveau de prix.
La comparaison au moteur thermique
Il reste à comparer avec les coûts de carburant des véhicules thermiques. Pour 100 km, 15 kWh à 0,19 €/kWh coûtent 2,85 €, soit l’équivalent d’un litre de SP95 à 42 centimes, basé sur une consommation moyenne de 6,8 L/100 km. Même dans le scénario le plus défavorable (0,41 €/kWh en pointe), on atteint 6,15 €/100 km, contre plus de 12 € avec un moteur thermique. L’écart demeure considérable.
Sur le papier, Electra affirme proposer ce qui s’apparente au tarif ultra-rapide le plus bas du marché français, à condition de programmer ses recharges en dehors des heures de pointe et d’éviter les frais d’inactivité et pénalités de dépassement, qui peuvent rapidement alourdir la facture sur une borne rapide.
La promesse semble surtout valable pour ceux qui rechargeaient auparavant en aire d’autoroute sans abonnement. Elle est beaucoup moins attirante pour ceux qui rechargent à domicile à 0,13 €/kWh. La fiabilité du modèle sera à évaluer durant les premiers mois d’utilisation réelle.
Retrouvez tous les articles de Frandroid directement sur Google. Abonnez-vous à notre profil Google pour ne rien manquer !

