Canal+ ne collabore plus avec les pros du cinéma critiques de Bolloré
Après 200 auteurs liés à la maison d’édition Grasset, 600 professionnels du cinéma, dont Juliette Binoche, Swann Arlaud et Jean-Pascal Zadi, s’inquiètent de la mainmise de Vincent Bolloré sur le secteur. Le groupe Canal+ s’est engagé à allouer jusqu’à 170 millions d’euros par an au cinéma français d’ici à 2027, contre 220 millions auparavant, selon un accord signé en janvier 2025.
Nouvelle polémique en France concernant la guerre culturelle orchestrée par Vincent Bolloré. Après la mobilisation de 200 auteurs liés à la maison d’édition Grasset, ce sont maintenant 600 professionnels du cinéma – parmi lesquels les acteurs Juliette Binoche, Swann Arlaud et le réalisateur Jean-Pascal Zadi – qui expriment leurs craintes face à l’influence croissante du milliardaire dans le secteur. Dans une tribune publiée lundi, à l’approche du 79e Festival de Cannes, ils alertent sur « l’emprise grandissante de l’extrême droite » dans le cinéma via Bolloré.
Les signataires, comprenant des producteurs, exploitants de cinéma, cinéastes, techniciens et acteurs, écrivent : « En laissant le cinéma français aux mains d’un patron d’extrême droite, nous ne risquons pas seulement une uniformisation des films, mais une prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif. »
Le directeur général du groupe Canal+ a réagi à cette tribune lors du « brunch des producteurs » organisé à Cannes ce dimanche. Il a affirmé que ce texte revenait à qualifier les équipes de Canal+ de « crypto-fascistes« . Il a déclaré : « Je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de crypto-fasciste, je suis désolé, la limite, pour moi elle est là. »
Il a également ressenti cette pétition comme une injustice envers les équipes de Canal+ qui s’efforcent de défendre l’indépendance de la chaîne et sa diversité de choix, annonçant qu’il ne souhaitait plus collaborer avec ceux qui en ont signé la pétition.
La tribune s’inquiétait notamment de l’intention de Canal+ de prendre le contrôle total d’UGC, un réseau de salles de cinéma dont il a acquis 34% en septembre.
Jusqu’à présent, cette tribune a eu peu d’écho parmi les professionnels interrogés par l’AFP, nombreux étant ceux qui peinent à identifier un changement idéologique au sein de Canal+, tout en craignant une baisse globale des financements.
Selon un accord signé en janvier 2025, Canal+ s’est engagé à investir jusqu’à 170 millions d’euros par an dans le cinéma français d’ici à 2027, contre 220 millions auparavant.

