Belgique

Yves Coppieters lance un plan contre les violences envers les LGBTQIA+

Le ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters, a plaidé pour « avancer dans les droits des personnes LGBTQIA + » après la Pride qui a rassemblé quelque 216.000 personnes dans les rues de Bruxelles. Il a également souligné que les législations existantes ne suffisent plus si elles ne sont pas pleinement appliquées sur le terrain.


Deux jours après la Pride qui a attiré environ 216 000 personnes dans les rues de Bruxelles, Yves Coppieters, ministre wallon de la Santé, de l’Environnement, des Solidarités, de l’Économie sociale, de l’Égalité des chances et des Droits des femmes, a exprimé son souhait d’ »avancer dans les droits des personnes LGBTQIA +« .

Pour lui, cette édition qui célèbre 30 ans de Pride représente une avancée significative pour la visibilité des communautés LGBTQIA + en Belgique. « Il y a quinze ans, quand j’assistais à la Pride, on n’était que dans quelques rues du sud de Bruxelles. Maintenant, on a 200 000 personnes dans les rues de Bruxelles« , a-t-il noté.

Cependant, au-delà de l’aspect festif, Coppieters a souligné que « c’est un jour de revendication et de lutte », s’inquiétant des violences à l’encontre des personnes LGBTQIA +, qu’il a qualifiées de « gros problème du moment« .

Il faut surtout lutter contre les violences. C’est ça le gros problème du moment.

Le ministre a notamment évoqué « les guets-apens » et « les agressions physiques« , y compris celles rapportées à la sortie de la Pride. Pour lui, les progrès législatifs ne sont plus suffisants s’ils ne se traduisent pas concrètement dans le quotidien.

Un plan interfédéral

Coppieters a précisé que les lois actuelles ne suffisent pas si leur application sur le terrain n’est pas effective. « On a besoin du fédéral pour mettre en place un cadre par rapport à la police, par rapport à la justice, pour que ces droits formels soient des droits réels« , a-t-il déclaré.

Ce futur plan interfédéral devrait rassembler les différents niveaux de pouvoirs pour coordonner la prévention, l’accompagnement et la justice. Yves Coppieters a reconnu que les stratégies antérieures avaient souvent été menées « en silo« , ajoutant que « L’idée, c’est d’avoir un plan interfédéral LGBTQIA +, c’est-à-dire que chacun prenne ses responsabilités et qu’on se parle« .

Le ministre a également mis en lumière plusieurs combats encore à mener, notamment la reconnaissance administrative des personnes non-binaires et intersexes, soulignant que « On sait que c’est difficile pour une personne non-binaire de se retrouver dans la classification administrative classique« .

Un autre sujet délicat concerne le don de sang, avec Yves Coppieters affirmant que certaines restrictions reposent encore sur des « préjugés » plutôt que sur des bases scientifiques solides.

Ce n’est pas l’orientation sexuelle qui définit le risque.

Il soutient que les critères devraient uniquement se baser sur les comportements à risque et non sur l’identité ou l’orientation des donneurs.

Budget wallon : « Préserver les personnes les plus fragiles »

En Wallonie, la santé représente 7 milliards d’euros dans le budget, englobant les allocations familiales, le handicap et le vieillissement de la population. Ce week-end, le ministre-président wallon, Adrien Dolimont, a annoncé dans le quotidien L’Echo un tour de vis, en raison de comptes peu favorables.

Le ministre Les Engagés a assuré que des efforts devraient être fournis, mais avec une attention particulière. « Les économies doivent être faites, mais on doit préserver les personnes les plus fragiles« , a-t-il déclaré.

Face au vieillissement de la population, Yves Coppieters a averti que le statu quo conduirait à une explosion des coûts. « Si on laisse aller les choses, par exemple sur le vieillissement de la population, la facture en 2030 sera de 1 milliard en plus« . Pour éviter cela, il défend une « garantie autonomie« , visant à favoriser le maintien à domicile des personnes âgées plutôt qu’une multiplication des places en maison de repos.

Allocations familiales

Yves Coppieters souhaite établir une limite claire pour les allocations familiales. « C’est très important de les maintenir. On n’y touchera pas« , insiste-t-il.

Il rappelle qu’une première réforme a déjà été mise en place pour les jeunes de 18 à 25 ans, obligeant les bénéficiaires à être engagés dans une formation pour continuer à percevoir les allocations. « On a déjà fait un effort considérable puisqu’on a touché aux allocations familiales chez les 18-25 ans en obligeant, au bon sens du terme, les jeunes à rentrer en formation pour toujours bénéficier de leurs allocations familiales« .

Cette mesure, selon le ministre, est « raisonnable » et socialement acceptable. Toutefois, au-delà de cette adaptation, il ne souhaite pas aller plus loin dans l’immédiat. Un groupe de travail désigné par le gouvernement wallon doit remettre d’ici septembre des propositions concernant l’avenir des allocations familiales.

Nouveau pesticide génétique : oui ou non ?

Yves Coppieters, ministre wallon de l’Environnement, s’est montré très critique vis-à-vis de l’introduction en Belgique d’un nouveau pesticide fondé sur des organismes génétiquement modifiés, utilisé notamment pour les cultures de pommes de terre, comme révélé par Le Soir.

« Je pense que c’est précoce l’utilisation de ce type de produit« , a-t-il déclaré, précisant qu’aucune analyse exhaustive des risques sanitaires et environnementaux n’a été validée au niveau européen. Selon lui, introduire ce pesticide « n’a pas de sens » alors que la Wallonie s’efforce de réduire l’usage des pesticides traditionnels.

Le ministre a expliqué que cette nouvelle génération de produits ne repose plus essentiellement sur une molécule chimique, mais sur une modification génétique visant à rendre les cultures plus résistantes. Il estime cependant que les conséquences sur la biodiversité demeurent trop floues.

Les lobbies économiques sont énormes.

Yves Coppieters a dénoncé les lobbies économiques présents au niveau européen et fédéral, affirmant qu’il continue de lutter pour réduire les pesticides en Wallonie, notamment autour des zones de captage d’eau.

Il reconnaît néanmoins que son pouvoir d’action dans ce domaine est limité. « J’ai les leviers et je peux exprimer mon avis, mais je n’ai pas le levier pour l’interdire« , admet-il, soulignant que la décision appartient en grande partie aux niveaux federal et européen.