Le cessez-le-feu fragile pour Trump : l’Iran ne pas prêt à riposter
Donald Trump a estimé lundi que le cessez-le-feu était « sous assistance respiratoire » après avoir fustigé la réponse de l’Iran au plan américain visant à mettre fin durablement à la guerre. Au cours d’un appel téléphonique avec un journaliste de Fox News, Donald Trump a aussi dit lundi qu’il envisageait de relancer son opération de protection des navires pour traverser le détroit d’Ormuz, bloqué par l’Iran depuis l’offensive israélo-américaine du 28 février.
Donald Trump a estimé lundi que le cessez-le-feu était « sous assistance respiratoire » après avoir critiqué la réponse de l’Iran à l’initiative américaine visant à mettre un terme définitif à la guerre, Téhéran se déclarant prêt à riposter en cas d’agression. Après plus d’un mois de trêve, les pourparlers diplomatiques stagnent entre Washington et Téhéran, qui échangent, via un médiateur pakistanais, des propositions pour renforcer le cessez-le-feu, sans résultat concluant. La réponse iranienne à la dernière offre américaine est « à mettre à la poubelle », a commenté Donald Trump depuis la Maison Blanche.
Selon le Wall Street Journal, l’Iran évoque des négociations sur le dossier nucléaire dans un délai de 30 jours. Il proposerait de « diluer » une partie de son uranium hautement enrichi et de transférer le reste dans un « pays tiers », mais refuserait de démanteler ses équipements et de mettre en place un moratoire de 20 ans sur son processus d’enrichissement d’uranium. « Le cessez-le-feu est sous assistance respiratoire massive, comme quand le docteur entre et dit: +Monsieur, votre être cher a exactement 1% de chances de vivre », a déclaré Trump.
De son côté, Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, a répondu sur X que l’Iran était prêt « à riposter et à donner une leçon » en cas d’agression. Lors d’un appel téléphonique avec un journaliste de Fox News, Donald Trump a également indiqué qu’il envisageait de relancer son opération de protection des navires dans le détroit d’Ormuz, bloqué par l’Iran depuis l’offensive israélo-américaine du 28 février. Il avait suspendu cette opération le 5 mai, au lendemain de son lancement, en raison des « grands progrès accomplis » par l’Iran vers un accord, qui n’a toutefois jamais été conclu. De plus, le Wall Street Journal a rapporté lundi que les Émirats arabes unis avaient mené eux-mêmes des opérations militaires contre l’Iran en avril, ciblant des installations pétrolières de Lavan, un territoire iranien dans le Golfe.
Cette implication directe, non confirmée par Abu Dhabi, pourrait marquer un tournant dans l’escalade régionale, car jusqu’à présent, aucun pays arabe du Golfe ne s’était ouvertement engagé dans le conflit. Seuls les États-Unis et Israël revendiquent officiellement leur participation aux attaques contre Téhéran.
« Les droits légitimes de l’Iran »
« Nous ne demandons que les droits légitimes de l’Iran », a déclaré Esmaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne, en énumérant les revendications de la République islamique : « la fin de la guerre dans la région », y compris au Liban, la levée du blocus américain des ports iraniens et « la libération des avoirs du peuple iranien, injustement bloqués depuis des années ». D’après le Wall Street Journal, qui cite des sources proches du dossier, la proposition de Téhéran prévoit une réouverture progressive du détroit d’Ormuz et la levée simultanée du blocus américain. L’Iran mentionne des négociations sur le dossier nucléaire dans un délai de 30 jours, offrant de « diluer » une partie de son uranium hautement enrichi et de transférer le reste dans un « pays tiers », tout en refusant un démantèlement de ses équipements et un moratoire de 20 ans sur son processus d’enrichissement.
Les États-Unis et de nombreux pays soupçonnent Téhéran de tenter de se doter de l’arme atomique, ce que l’Iran dément, affirmant son droit au nucléaire Civil. Le blocage persistant du détroit d’Ormuz, essentiel au commerce mondial d’hydrocarbures, a provoqué une nouvelle hausse des prix du pétrole. À la clôture de lundi, le baril de Brent de la mer du Nord, référence en Europe, a augmenté de 2,88 % pour atteindre 104,21 dollars. Vers 01H00 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en juin, référence du marché américain, s’élevait de 0,63 % à 98,69 dollars.
Risque de « crise humanitaire »
Amin Nasser, patron du géant pétrolier saoudien Aramco, a déclaré que la guerre, qui a causé des milliers de morts principalement en Iran et au Liban, avait déclenché « le plus grand choc énergétique » jamais connu. « Même si le détroit d’Ormuz rouvrait aujourd’hui, il faudrait encore des mois pour que le marché se rééquilibre », a-t-il estimé, ajoutant que les marchés pourraient retrouver un fonctionnement normal uniquement en 2027. En outre, Ormuz est crucial pour le transport d’engrais, un tiers de leur transit habituel passant par cette voie. Son blocage pourrait engendrer d’ici « quelques semaines » une « crise humanitaire majeure », a averti Jorge Moreira da Silva, chef d’un groupe de travail de l’ONU chargé de faciliter le passage de ces matières essentielles.
« Téhéran ne montre aucun signe de capitulation » et « calcule que la hausse des prix mondiaux du pétrole et les pénuries de produits pousseront Trump à mettre fin au conflit sans obtenir les concessions majeures, notamment nucléaires, qu’il recherche », analyse le Soufan Center, un centre de réflexion américain. Au Liban, un autre front de la guerre où une trêve est théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, le Hezbollah pro-iranien et Israël continuent leurs frappes. De nouvelles discussions censées ouvrir la voie à des négociations de paix sont prévues jeudi et vendredi à Washington entre le Liban et Israël.

