Lyon : Trois morts dans un incendie criminel lié au narcotrafic.
Lundi, vers 7h30, un incendie s’est déclaré dans un immeuble de sept étages, au 18 rue de Sully à Décines-Charpieu, faisant trois morts et quatorze blessés. Une enquête a été ouverte pour « dégradation par moyen dangereux ayant entraîné la mort », « homicide volontaire en bande organisée » et « participation à un crime en bande organisée ».
Lundi matin, un incendie s’est déclaré à Décines-Charpieu, près de Lyon, entraînant la mort de trois personnes. Ces victimes étaient « totalement inconnues des services de la justice », a précisé Thierry Dran, procureur de la République de Lyon, lors d’une conférence de presse mardi matin. Voici les faits.
### Que s’est-il passé et qui sont les victimes ?
Les faits se sont produits vers 7h30 du matin dans un immeuble de sept étages, situé au 18 rue de Sully à Décines-Charpieu. Deux hommes et une femme ont perdu la vie, tandis que quatorze personnes ont été blessées, mais leur pronostic vital n’est pas engagé.
Deux des victimes décédées ont été retrouvées dans un appartement du septième étage, tandis qu’un homme a été découvert au pied de l’immeuble. « Ce dernier, âgé de 28 ans, ne résidait pas dans l’immeuble » touché par l’incendie, a précisé le procureur. Les deux personnes retrouvées dans l’appartement étaient un homme de 28 ans et sa tante, âgée de 61 ans. « Ces trois victimes sont totalement inconnues des services de la justice », a souligné Thierry Dran, ajoutant qu’« a priori », personne dans leur entourage n’était connu pour trafic de stupéfiants.
Le bilan aurait pu être « bien pire », selon le magistrat. Il a indiqué que l’immeuble était « bien entretenu », ce qui explique pourquoi il n’y a eu « que » trois morts.
### Où en est l’enquête ?
Une enquête a été ouverte pour « dégradation par moyen dangereux ayant entraîné la mort », « homicide volontaire en bande organisée », ainsi que « participation à un crime en bande organisée » et « participation à une association de malfaiteurs ».
La division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) a été sollicitée, avec l’aide d’experts de la police scientifique. « Les premières investigations ont permis d’établir qu’il y avait au moins un départ de feu à l’intérieur de l’immeuble », a précisé le procureur. Toutefois, l’origine et les circonstances de ce départ de feu restent « à déterminer ». Il a noté que « l’incendie a particulièrement été violent au 7e étage », sans pouvoir déterminer à quel étage le feu a effectivement pris naissance. « Il a forcément eu lieu dans les communs, dans les escaliers, mais on ne sait pas pour l’instant si c’est du paillassonnage ou autre chose », a-t-il développé.
### Quels liens avec le narcotrafic ?
« Aucune hypothèse n’est écartée et aucune n’est privilégiée », a rappelé Thierry Dran, affirmant qu’il était « impossible d’affirmer si une ou plusieurs personnes étaient visées par cet incendie ». Bien qu’il soit « totalement prématuré » de lier ces faits au trafic de stupéfiants, cette possibilité reste une « piste sérieuse ». Pour Nelson Bouard, directeur interdépartemental de la police nationale du Rhône, la thèse du règlement de comptes est « privilégiée ». Aucune interpellation n’a encore été effectuée dans ce dossier.
### D’autres faits commis à proximité
La Direction territoriale de police judiciaire (DCT) a également été saisie pour des faits survenus dans la rue Sully ou ses environs depuis fin avril, selon le parquet. « Plusieurs dizaines d’enquêteurs spécialisés ont été mobilisés pour l’incendie meurtrier mais aussi pour des faits d’intimidations par incendie ou par des tirs [ces derniers jours] sur les rues alentour », a précisé Nelson Bouard.
« Des faits ont déjà été commis au 18 rue de Sully, au 4e étage, dans le passé. Mais pour l’instant, aucune liaison avec l’incendie n’a été établie. Les enquêteurs travaillent dessus », a conclu Thierry Dran.

