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NBA : Victor Wembanyama ou Rudy Gobert, qui est le meilleur ?

Les Knicks ont inscrit 73 points en une mi-temps lors du game 6 à Atlanta. Rudy Gobert tourne à 2 contres par match en moyenne sur ses 13 saisons NBA, avec une pointe à 2,7 en 2020-2021 avec Utah.

Les 73 points marqués par les Knicks en une mi-temps lors du match 6 à Atlanta, les 46 tirs à trois points tentés en moyenne par les Celtics durant leur série contre Philadelphie, ou le record de carrière d’un simple remplaçant de Minnesota comme Ayo Dosunmu (43 points)… Ces chiffres récents nous indiquent un constat implacable : même en play-offs, l’intensité offensive et l’obsession du tir à longue distance dominent presque entièrement la NBA.

Dans ce contexte, deux géants français, Victor Wembanyama (2,24 m) et Rudy Gobert (2,16 m), tiennent bon avec pour mission principale la défense de leur raquette. À l’approche du match 3 de la demi-finale de la Conférence Ouest entre leurs équipes des Timberwolves et des Spurs (1-1), prévu vendredi soir à 3h30, 20 Minutes se penche sur l’impact défensif de ces deux intérieurs tricolores. Cela sera évalué selon huit critères, avec l’expertise de Frédéric Weis (2,18 m), ancien pivot emblématique de l’équipe de France.

Qui est le meilleur contreur ?

En 13 saisons NBA, Rudy Gobert affiche une moyenne de 2 contres par match, atteignant même 2,7 en 2020-2021 avec Utah. Victor Wembanyama, quant à lui, dépasse son aîné avec une moyenne de 1,9 contre de plus durant la saison régulière 2025-2026, et même 4,5 blocks supplémentaires par match lors des play-offs.

Il arbore également un prestigieux record en poche depuis lundi : 12 contres lors du match 1 perdu contre Minnesota (102-104). C’est un fait sans précédent pour un match de play-offs, établissant ainsi sa domination sur le classement des meilleurs contreurs de la Ligue depuis sa Draft en 2023.

L’avis de Frédéric Weis, consultant basket pour beIN SPORTS, diffuseur des play-offs : « Côté contres, je penche clairement pour Victor. Rudy est un très bon contreur, mais Victor est à un autre niveau, avec de grands segments et un meilleur timing. C’est un alien, avec ce mélange taille/timing/vitesse que personne n’a en NBA. » Score : 1-0 en faveur de « Wemby ».

Qui est le meilleur rebondeur défensif ?

Les statistiques semblent aussi favoriser Victor Wembanyama, avec 2 rebonds défensifs de plus par match que le pivot des Wolves cette saison. Cependant, la différence est moins marquée sur l’ensemble de leur carrière NBA (9 prises pour « Wemby », 8,3 pour Gobert).

De plus, avec son expérience (34 ans le mois prochain) et sa tendance à rester dans sa raquette, l’ex-Choletais s’avère parfois plus efficace que son successeur chez les Bleus pour sécuriser les rebonds défensifs lors des moments cruciaux. Ainsi, lors d’un oubli en fin de match 1, le leader des Spurs a permis à Naz Reid de récupérer un rebond offensif puis un panier facile décisif.

L’avis de Frédéric Weis : « Je pense que c’est ici Rudy qui est le meilleur, car il protège mieux les rebonds défensifs que Victor. Il reste plus souvent dans sa raquette et évite les switchs défensifs, là où Victor s’approche souvent trop des zones de rebonds. À un moment dans le match 1, Rudy a facilement pris un rebond offensif en poussant Victor. Victor fait tellement confiance à sa taille et à son jump qu’il ne fait pas toujours les efforts de box-out nécessaires. Il lui arrive donc de perdre des rebonds. » Nous sommes maintenant à égalité 1-1.

Victor Wembanyama et Rudy Gobert se livrent ici un gros combat dans la raquette, lors du match 1 des demi-finales de la conférence Ouest entre les Spurs et les Timberwolves, lundi à San Antonio.
Victor Wembanyama et Rudy Gobert se livrent ici un gros combat dans la raquette, lors du match 1 des demi-finales de la conférence Ouest entre les Spurs et les Timberwolves, lundi à San Antonio. - E. Gay/AP/SIPA

Qui montre le plus de dureté ?

Une série de play-offs au meilleur des sept matchs nécessite une réelle intensité, et les joueurs de Minnesota, avec McDaniels en première ligne, en ont à revendre. D’ailleurs, les 5/17 aux tirs de « Wemby » lors de la défaite de San Antonio lundi s’expliquent par la férocité de Gobert et particulièrement de Randle sur chaque attaque du jeune Français de 22 ans.

Rudy Gobert s’est souvent retrouvé impliqué dans des altercations sur le terrain, notamment avec Draymond Green, une figure controversée de la NBA moderne. Une telle rivalité n’a pas encore émergé pour « Wemby » et ses Spurs, bien qu’une rivalité naissante avec OKC se dessine.

L’avis de Frédéric Weis : « Aucun des deux n’est réellement méchant, mais Rudy a la réputation de donner parfois des coups durs. Il possède cette dureté, cette stature de joueur qui pénètre dans le jeu sans tomber, alors que Victor se retrouve souvent au sol. On ressent davantage la peur que véhicule Victor, capable de contrer presque tous les tirs, mais pas d’un coup malintentionné de sa part. Il va s’endurcir avec le temps, mais il fait déjà tellement peur sans cette dureté que je ne pense pas qu’elle soit nécessaire pour lui. » Gobert reprend l’avantage avec 2-1.

Qui est le plus craint par ses adversaires sur le plan défensif ?

D’un côté, Rudy Gobert, quadruple meilleur défenseur de l’année (DPOY) avec une réputation de défenseur quasi exclusif, et de l’autre, Victor Wembanyama, avec son envergure exceptionnelle et son statut de superstar en pleine ascension en NBA. La menace que représente « Wemby » est inédite.

L’avis de Frédéric Weis : « Rudy constitue un véritable problème pour toutes les attaques, mais Wemby est un game changer, c’est-à-dire que quand il est sur le terrain, les adversaires changent leurs systèmes de jeu. C’est un épouvantail, car les joueurs pénètrent et n’osent même pas prendre de tirs. » Nous sommes donc à égalité 2-2.

La comparaison statistique entre nos deux «DPOY» français de NBA.
La comparaison statistique entre nos deux «DPOY» français de NBA. - Sofascore / 20 Minutes

Qui est le plus à même de contenir le meilleur attaquant du monde, Nikola Jokic ?

Le défi ultime pour tout intérieur NBA est de ne pas subir une masterclass de la part du triple MVP Nikola Jokic. Le duo « Wemby »-Rudy avait subi une sévère défaite face au « Joker » lors d’un match préparatoire pour les JO de Paris 2024. Plus récemment, le leader des Spurs a également eu des difficultés lors d’un choc crucial de fin de saison régulière, le 4 avril à Denver (136-134).

Ce jour-là, le pivot serbe a brillé avec 40 points (13/25 aux tirs), 13 passes décisives et 8 rebonds. Ce sera le contraste avec sa performance moins éclatante lors de son affrontement avec un Rudy Gobert héroïque en play-offs : 25,8 points, 9,5 passes décisives, un taux de réussite de 44,6 %, et seulement 19,4 % à trois points sur l’ensemble de la série. Un coup d’arrêt rare qui a permis aux Wolves de se qualifier contre toute attente (4-2).

L’avis de Frédéric Weis : « Cela ne se joue à pas grand-chose, car ils sont tous les deux capables de limiter Jokic. Mais si je devais choisir un défenseur pour lui faire face en tête-à-tête, je prendrais Rudy Gobert. Il est peut-être meilleur défensivement sur l’homme que Victor, plus costaud, plus âpre, et son expérience joue également un rôle ici. Rudy a vraiment eu un impact sur Jokic en play-offs, il n’a pas reculé face à lui. » Et Gobert reprend le lead avec 3-2.

Qui a le plus gros impact défensif avec les Bleus/dans le jeu Fiba ?

La NBA n’est pas le seul terrain de jeu. Bien que Victor Wembanyama n’ait participé qu’à une seule grande compétition internationale lors des JO de 2024, son impact défensif sur l’équipe a été visible. Moins utilisé par Vincent Collet à Paris et absent de l’Euro 2025, Rudy Gobert a pourtant marqué son empreinte en tant que leader défensif des Bleus, notamment lors de la Coupe du monde 2019 et des JO de Tokyo 2021.

L’avis de Frédéric Weis : « Dans ses campagnes avec l’équipe de France, Rudy a souvent été très bon défensivement. Je pense qu’il a été meilleur défensivement à certaines compétitions que Victor lors des Jeux de Paris. Victor perturbe toujours l’adversaire, mais dans le basket Fiba, le jeu est davantage axé sur le poste bas, et j’ai plus confiance en Rudy sur ce point, il est à mes yeux un meilleur défenseur en Fiba. » Gobert prend alors l’avantage avec 4-2.

Quel est le défenseur le plus complet ?

En habituel protagoniste face aux « pivots à l’ancienne », Rudy Gobert a impressionné fin mars avec un contre décisif sur Kevin Durant tentant de le déborder. Néanmoins, « Wemby » demeure LA référence des intérieurs NBA, capable de s’adapter sans crainte face à des arrières et ailiers.

L’avis de Frédéric Weis : « À mon avis, Victor est meilleur dans la défense collective : il peut intercepter tout le monde en deuxième rideau, venir en aide et voler des ballons grâce à ses bras très actifs. De plus, il se déplace mieux latéralement que Rudy. Il est le plus complet, grâce à ses qualités athlétiques et sa compréhension du jeu. C’est une machine ! » Le suspense persiste, 4-3 pour Gobert.

Victor Wembanyama ont su nettement prendre l'avantage sur Rudy Gobert et les Timberwolves lors du game 2 mercredi soir (133-95).
Victor Wembanyama a su nettement prendre l’avantage sur Rudy Gobert et les Timberwolves lors du game 2 mercredi soir (133-95).  - E. Gay/AP/SIPA

Qui est le plus régulier défensivement ?

Il n’est pas évident de répondre à cette question. Pourtant, le niveau statistique souvent plus important – et parfois « fou » – de Victor Wembanyama entraîne une inconstance dans certains matchs hautement intenses, comme il l’a admis après cette fameuse défaite contre Minnesota. « Je n’ai pas eu le contrôle du match que je voulais. Je dois mieux gérer mon énergie. J’en ai trop dépensé dans des actions qui n’ont pas vraiment aidé notre équipe », a-t-il reconnu. Rudy Gobert, qui considère Victor comme son « petit frère », adopte un style de jeu moins énergivore, en partie parce qu’il n’est pas le premier choix de l’équipe de l’autre côté du parquet.

L’avis de Frédéric Weis : « Rudy sait rester au sol, il gère mieux son énergie, ce qui est crucial sur la durée d’un match et pour éviter les fautes. À l’inverse, Victor déploie constamment une grande énergie, en sautant sur tout. Il doit faire attention à cela. Concernant son match avec 12 contres, il faut aussi considérer toutes les fois où il a sauté pour rien. En fin de match, cela a des conséquences. De plus, les Spurs ont presque plus besoin de Victor en attaque qu’en défense, alors que pour Rudy, son rôle est essentiellement défensif à Minnesota. »

Conclusion

Chacun de nos deux joueurs français est considéré dans sa franchise comme LE leader défensif déterminant de ces play-offs. Cependant, bien que Wembanyama ait récemment été désigné meilleur défenseur à l’unanimité dans l’histoire de la NBA, loin devant Gobert (4e), il ne possède pas encore tous les atouts pour dominer sans partage le plan défensif lors des play-offs. Bilan au 8 mai 2026 : 5-3 pour « Rudy can’t fail ». En attendant un nouvel apprentissage pour notre « Wemby ».

Notre dossier sur la NBA

La conclusion de Frédéric Weis : « Les deux sont de fantastiques défenseurs. On parle de l’élite. À leurs postes, ce sont les deux meilleurs défenseurs de la Ligue, sans aucun doute. Et même tous postes confondus, je les mets dans les trois premiers actuellement en NBA, aux côtés de l’arrière de Detroit Ausar Thompson. »