Appel à utiliser l’ouverture parlementaire pour renforcer la confiance.
Des parlementaires et des représentants d’instances internationales et de la société civile ont appelé, mercredi à Rabat, à ériger l’ouverture parlementaire en levier de renforcement de la confiance dans les institutions. Cette rencontre thématique s’inscrit dans le cadre d’une dynamique continentale lancée lors de la journée parlementaire organisée à Marrakech le 2 novembre 2022.
Des parlementaires, ainsi que des représentants d’instances internationales et de la société civile, ont plaidé, mercredi à Rabat, pour faire de l’ouverture parlementaire un levier essentiel pour renforcer la confiance dans les institutions et promouvoir les principes de transparence et de responsabilité. Lors d’une rencontre parlementaire organisée par la Chambre des représentants sur le thème « Les Parlements ouverts en Afrique », dans le cadre des Assises africaines sur le gouvernement ouvert, les intervenants ont souligné la nécessité d’améliorer la coopération entre les Parlements africains et de partager expériences et expertises concernant le Parlement ouvert.
Ils ont également insisté sur l’importance d’adopter une approche institutionnelle pour l’ouverture, en impliquant les citoyens et la société civile dans l’action parlementaire. Ceci inclut l’élargissement de l’accès à l’information et le développement de mécanismes d’interaction, de débat, de suivi et d’évaluation des politiques publiques. Dans ce contexte, le vice-président de la Chambre des représentants, Mohamed Ghayate, a déclaré que la question des gouvernements et des parlements ouverts n’est plus « un luxe intellectuel », mais représente une nécessité démocratique en réponse aux attentes des citoyens pour plus de transparence, de participation et de responsabilité.
Ghayate a souligné que le Parlement joue un rôle central dans la consolidation de ces principes en tant qu’institution législative et de contrôle, représentant la volonté populaire et assurant le suivi et l’évaluation des politiques publiques. Il a noté que l’implication des Parlements dans les initiatives d’ouverture constitue un levier fondamental pour renforcer la confiance dans les institutions. Il a aussi souligné l’importance de l’engagement de la société civile dans l’élaboration, l’exécution et l’évaluation des politiques publiques, rappelant que la Constitution de 2011 a marqué une étape majeure dans la promotion des principes de démocratie participative, notamment à travers le droit de pétition et le droit d’accès à l’information.
Pour sa part, Aidan Eyakuze, directeur général du partenariat pour un gouvernement ouvert (OGP), a affirmé que l’ouverture ne doit plus se limiter aux actions des gouvernements centraux, mais doit également inclure les institutions qui légifèrent, représentent les citoyens et contrôlent l’action executive. Il a souligné que l’avenir de l’ouverture nécessite une approche de partage des responsabilités entre les différentes institutions de gouvernance publique, y compris les gouvernements centraux, les collectivités territoriales, les institutions indépendantes et les Parlements.
Nicole Nkoa, directrice du Programme d’appui aux gouvernements ouverts francophones, a déclaré que cette rencontre représente une étape significative dans le processus de renforcement des Parlements ouverts en Afrique. Elle a noté que cette dynamique achève un processus de concertation et d’engagements pris par plusieurs Parlements africains depuis le Sommet de Marrakech en 2022. Selon elle, les réseaux et partenariats parlementaires africains favoriseront l’échange d’expériences et de bonnes pratiques, ainsi que le renforcement de la coopération entre les Parlements.
Sammy Obeng, représentant de la société civile africaine, a estimé que l’implication des Parlements dans les initiatives de gouvernement ouvert a marqué un tournant essentiel dans l’approche de « l’État ouvert », observant que plusieurs Parlements africains ont élaboré des plans d’action dédiés au Parlement ouvert, prenant en compte les contextes nationaux spécifiques.
Il a précisé que le Réseau africain des Parlements ouverts devrait servir de mécanisme pour un apprentissage mutuel, un partage d’expériences et un suivi de la mise en œuvre des réformes liées au gouvernement ouvert, tout en insistant sur l’importance d’inclure la société civile dans les différentes structures et mécanismes de ce réseau, conformément aux principes du Partenariat pour un gouvernement ouvert, qui repose sur la coopération entre les institutions et la société civile.
Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique continentale initiée lors de la journée parlementaire à Marrakech le 2 novembre 2022, lors de la rencontre régionale Afrique-Moyen-Orient du Partenariat pour un gouvernement ouvert, qui s’est clôturée par l’adoption de la « Déclaration de Marrakech » par les représentants de 15 institutions législatives africaines. Elle sera couronnée par le lancement officiel du Réseau africain des Parlements ouverts, comme cadre africain de dialogue, de coopération, d’échange d’expériences et de valorisation des initiatives parlementaires visant à améliorer la transparence, la participation citoyenne, l’intégrité, la responsabilité et l’ouverture institutionnelle.

