Belgique

Le GIEC juge que les scénarios climatiques extrêmes ne sont plus vraisemblables.

Les projections d’émissions mondiales de gaz à effet de serre ne sont plus vraisemblables, selon un nouvel article du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Le GIEC reconnait qu’il n’est plus possible de limiter le réchauffement à 1,5°C, objectif de l’Accord de Paris sur le Climat de 2015.


Les prévisions les plus extrêmes concernant les émissions mondiales de gaz à effet de serre ne sont désormais plus considérées comme vraisemblables, d’après un nouvel article du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

En raison des politiques climatiques adoptées ces dernières années, un réchauffement global d’entre 3,3 et 5,7 °C d’ici 2100 semble peu probable. En revanche, le scénario dans lequel la température de la Terre n’augmenterait que de 1,5 °C d’ici la fin du siècle est également devenu irréalisable, en raison du niveau actuel des émissions mondiales.

Cet article présente des scénarios d’émissions qui seront dorénavant utilisés par les scientifiques et analysés dans les modèles climatiques. Ces projections seront également intégrées dans le prochain rapport du GIEC, dont la publication est prévue au plus tôt pour 2028 ou 2029. Ainsi, le scénario dit « SSP5-8.5 », qui envisage des niveaux d’émissions « élevés », est désormais considéré comme « peu probable », « compte tenu de l’évolution des coûts des énergies renouvelables, de la mise en œuvre de politiques climatiques et des tendances récentes en matière d’émissions », précise l’article.

Wim Thiery, climatologue belge, souligne que « cela ne signifie pas que les scientifiques se soient trompés par le passé ou qu’ils aient été trop alarmistes ». Ces nouveaux scénarios arrivent après dix ans d’évolution. Il ajoute : « De nombreuses mesures climatiques ont été mises en œuvre depuis – heureusement, dirais-je – ce qui nous éloigne de la trajectoire la plus pessimiste ».

Dans le nouveau scénario le plus pessimiste, la montée des températures sur Terre atteindra près de 3,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels d’ici 2100. Detlef van Vuuren, chercheur impliqué dans l’élaboration de ces nouveaux scénarios, déclare : « Les conséquences sont déjà suffisamment graves ». Il indique également que certains scénarios basés sur des émissions faibles « ne correspondent plus aux tendances observées entre 2020 et 2030 ».

Le GIEC admet qu’il n’est plus possible de limiter le réchauffement à 1,5 °C, objectif fixé par l’Accord de Paris sur le climat de 2015. Wim Thiery précise qu’il y a dix ans, « ce scénario était encore envisageable ».