Guerre au Moyen-Orient : tensions croissantes entre Etats-Unis et Iran au détroit d’Ormuz
L’ensemble du Moyen-Orient est de nouveau à deux doigts de s’embraser suite à des accrochages entre les belligérants autour du détroit d’Ormuz et à la reprise de tirs de l’Iran vers les Emirats arabes unis. Les cours du pétrole ont bondi, le baril de Brent ayant clôturé lundi à 114,44 dollars, soit une hausse de 5,8 %.
L’ensemble du Moyen-Orient est à nouveau en proie à de fortes tensions. La trêve entre les États-Unis et l’Iran a été fragilisée lundi par des accrochages entre les deux pays autour du strategic détroit d’Ormuz, ainsi que par le retour des tirs iraniens vers les Émirats arabes unis, un de ses voisins du Golfe.
Cette montée des tensions, qui remet en question le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, fait suite à l’annonce par Donald Trump d’une opération militaire américaine visant à rétablir la circulation des navires dans ce détroit, qui est souvent bloqué par l’Iran et par lequel transite habituellement un cinquième de la consommation mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Le président américain a déclaré, selon Fox News, que si des navires américains étaient visés dans cette zone, « les Iraniens seraient pulvérisés de la face de la Terre ».
Le pétrole a rapidement réagi à ces nouvelles attaques, provoquant des craintes sur les marchés. Le baril de Brent, la référence internationale, a clôturé lundi à 114,44 dollars, enregistrant une hausse de 5,8 %.
Le site pétrolier de Fujaïrah, l’un des rares accessibles dans la région sans passer par le détroit, a été attaqué par un drone, culminant en un incendie. Les Émirats arabes unis ont également affirmé avoir été frappés par quatre missiles de croisière « lancés depuis l’Iran ». Un pétrolier de la compagnie pétrolière nationale Adnoc a aussi été ciblé par deux drones iraniens. Le pays a dénoncé « une escalade dangereuse » et se réserve le droit de riposter.
Malgré cela, la télévision d’État iranienne a assuré que la République islamique « n’avait aucun projet de cibler les Émirats », citant un haut gradé non identifié. Cet officier a également dénoncé les conséquences de « l’aventurisme militaire américain », en lien avec l’opération visant à débloquer des navires bloqués dans le Golfe à cause de la fermeture d’Ormuz.
Selon Brad Cooper, le chef du commandement américain pour la région (Centcom), les forces américaines ont détruit six embarcations iraniennes et intercepté des missiles et drones lancés depuis l’Iran contre des bâtiments militaires et commerciaux américains. De son côté, Téhéran a démenti que les États-Unis aient détruit des bateaux iraniens dans le détroit.
« Les événements à Ormuz montrent qu’il n’y a pas de solution militaire à une crise politique », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, sur X. Il a exhorté les États-Unis à privilégier la voie de la médiation du Pakistan, en les avertissant du risque de se retrouver « entraînés dans un bourbier ».
Les divergences demeurent considérables entre les deux nations et les efforts pour relancer les négociations ont jusqu’à présent échoué, malgré une première rencontre directe à Islamabad le 11 avril. Téhéran a indiqué dimanche avoir reçu une réponse de Washington à sa dernière proposition de règlement, sans en divulguer le contenu.

