Tunisie

Franchise, véhicules, devises : ce que la douane tunisienne permet aux Tunisiens de l’étranger

La douane tunisienne accorde aux ressortissants établis à l’étranger une franchise annuelle de 5 000 dinars pour leurs effets personnels. Tout ressortissant tunisien majeur, résidant à l’étranger depuis au moins deux ans et n’ayant pas séjourné en Tunisie plus de 183 jours par an au cours des deux dernières années, est éligible au régime d’importation de véhicules.


La douane tunisienne offre aux ressortissants vivant à l’étranger une franchise annuelle de 5 000 dinars pour leurs effets personnels, le droit d’importer un véhicule avec exonération partielle ou totale, ainsi que la liberté d’entrer des devises, sous réserve de déclaration pour tout montant supérieur à 6 000 euros.

Chokri Jabri, porte-parole officiel de l’institution, a expliqué ces mesures le 28 avril 2026 sur les ondes de la Radio nationale, tout en annonçant des préparatifs renforcés pour la saison estivale.

Le porte-parole a rappelé que chaque Tunisien majeur résidant à l’étranger peut bénéficier d’une franchise annuelle de 5 000 dinars pour l’importation de biens à usage personnel, utilisable en une ou plusieurs fois. Ce montant n’est pas cumulable d’une année à l’autre : le solde non utilisé est perdu et ne s’ajoute pas à l’année suivante.

Chokri Jabri a également souligné que seuls les biens à caractère personnel sont concernés, tels que vêtements, appareils électroménagers et cadeaux. Les articles destinés à un usage commercial ou professionnel, comme les machines de production et les marchandises à revendre, en sont exclus et nécessitent des autorisations d’importation du ministère du Commerce.

Il a identifié la confusion entre biens personnels et commerciaux comme une erreur fréquente chez les ressortissants.

**Régime d’importation des véhicules**

Il a rappelé les conditions du régime d’importation de véhicules. Tout Tunisien majeur résidant à l’étranger depuis au moins deux ans, sans avoir passé plus de 183 jours en Tunisie au cours des deux dernières années, peut bénéficier de ce dispositif. Le véhicule à importer ne doit pas avoir plus de cinq ans.

Chokri Jabri a précisé qu’une modification de la loi de finances a établi que la périodicité d’accès à ce régime est désormais de dix ans. Le bénéficiaire peut choisir entre deux options : une exonération partielle des droits et taxes, représentant 25 % à 30 % de la valeur du véhicule, permettant une immatriculation définitive en Tunisie, ou une exonération totale, le véhicule circulant alors sous un régime d’admission temporaire, ce qui permet également de déléguer la conduite à un conjoint, ascendants, descendants ou frères et sœurs, avec une autorisation des services douaniers valable un an, trois ans, ou sans limitation de durée.

**Déclaration de devises : une obligation à ne pas négliger**

Concernant les devises, le porte-parole a clarifié que tout ressortissant peut entrer en Tunisie avec le montant de devises étrangères de son choix, sans plafond. Cependant, une déclaration devient obligatoire lorsque le montant importé atteint ou dépasse 20 000 dinars (environ 6 000 euros), si les fonds sont destinés à un compte en devises ou en dinars convertibles, ou lorsque le voyageur souhaite sortir du territoire avec au moins 5 000 dinars, auquel cas il doit avoir déclaré ces fonds à l’entrée.

Chokri Jabri a fortement conseillé de toujours déclarer toutes les devises, quelle que soit leur valeur, pour éviter tout problème ultérieur. Il a rappelé que la déclaration peut être faite à distance via des applications administratives et que le bordereau de change délivré doit être conservé.

Tout manquement à ces obligations peut entraîner un procès-verbal pour infraction de change, la saisie des fonds et le paiement d’une amende.

**L’innovation numérique au service du voyageur**

Chokri Jabri a également présenté plusieurs applications développées par la douane pour faciliter les formalités à distance, en mettant l’accent sur l’application « Rkhsti » (« Mon autorisation ») et « Amti’ati » (« Mes bagages »), qui permettent aux voyageurs d’indiquer depuis leur domicile à l’étranger, avant leur départ, la liste des biens à importer.

Ce formulaire, une fois imprimé, doit être remis à l’agent des douanes à l’arrivée, évitant ainsi les déclarations manuscrites au sortir du voyage. Le porte-parole a regretté le faible taux d’utilisation de ces applications. En cas de litige ou de dépassement constaté, Chokri Jabri a mentionné que des responsables sont présents à chaque point de passage, et que tout ressortissant peut leur faire directement part d’une réclamation sans hésitation.