Mali : Le chef de la junte réaffirme son pouvoir intact.
Assimi Goïta a affirmé mardi soir que la situation sécuritaire dans le pays était « maîtrisée », trois jours après des attaques ayant fait au moins 23 morts. Le ministère russe de la Défense a estimé que la situation au Mali restait « difficile ».
Assimi Goïta réapparaît et insiste sur le fait qu’il demeure aux commandes du Mali, tout en reconnaissant que son pouvoir est confronté à une pression intense. Lors d’une déclaration mardi soir, il a affirmé que la situation sécuritaire dans le pays était « maîtrisée », trois jours après des attaques sans précédent orchestrées par des groupes armés contre des positions stratégiques de la junte, qui ont causé la mort d’au moins 23 personnes.
C’est la première fois que le dirigeant s’exprime depuis les attaques menées par les djihadistes du JNIM, en alliance avec les indépendantistes touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA). Il a donné une adresse à la nation sur l’ORTM, la chaîne publique, et a également fait sa première apparition publique le même jour après plusieurs jours de silence.
Goïta a reconnu que la situation était d’« extrême gravité » et a appelé la population à faire preuve d’un « sursaut national » et à « s’ériger contre la division et la fracture nationale ». Il a souligné que « le Mali a besoin de lucidité et non de panique ».
L’absence prolongée du leader malien avait suscité des interrogations sur sa capacité à rester au pouvoir, notamment après la mort de son ministre de la Défense, Sadio Camara, lors de l’une des attaques. Ce dernier était considéré comme l’architecte du rapprochement politique et militaire avec la Russie. La junte avait expulsé les militaires français en 2022.
Plus tôt mardi, le général Goïta a reçu l’ambassadeur de Russie, Igor Gromyko, selon la présidence malienne, qui a diffusé des photos de l’entretien. Les deux parties ont discuté de la situation actuelle, et l’ambassadeur a « réaffirmé l’engagement de son pays aux côtés du Mali dans la lutte contre le terrorisme », garantissant que la Russie serait « toujours l’amie du Mali ».
Néanmoins, dans une publication sur les réseaux sociaux, le ministère russe de la Défense a souligné que les rebelles et les djihadistes étaient en train de se regrouper et que la situation au Mali restait « difficile ». Le ministère a également confirmé que l’Africa Corps, des paramilitaires envoyés pour soutenir la junte malienne, avait dû se retirer de la ville clé de Kidal (nord), que les groupes armés ont réussi à s’approprier le week-end précédent. Le Kremlin a exprimé le souhait d’un retour rapide à la stabilité.
En signe de la complexité persistante de la situation, l’ambassade des États-Unis à Bamako a annoncé sur son site Internet avoir « pris connaissance de signalements faisant état de mouvements terroristes possibles à l’intérieur de la ville ». Selon des analystes, l’alliance entre le JNIM et le FLA ne viserait cependant pas à prendre le pouvoir à Bamako, mais plutôt à reconquérir les régions du Nord.

