La justice tunisienne suspende une ONG lauréate du prix Nobel.
La Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) a indiqué avoir été « informée » de la suspension qu’elle a qualifiée de « dangereuse et arbitraire ». En 2025, les autorités tunisiennes ont ordonné la suspension des activités d’au moins 17 ONG pour des durées de plusieurs mois.
La Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), principale organisation de défense des droits humains en Tunisie, a communiqué avoir été « informée » de la suspension qu’elle qualifie de « dangereuse et arbitraire« , tout en précisant qu’elle attend une confirmation officielle.
Son président, Bassem Trifi, a déclaré à l’AFP que la décision avait été prise par un tribunal de première instance à Tunis et que son organisation allait interjeter appel. « Nous nous opposons à cette décision et allons faire appel. Nous continuerons notre combat pour les droits et les libertés« , a-t-il indiqué.
D’autres organisations ont également été la cible d’accusations similaires en 2025, ayant entraîné des suspensions temporaires. À l’automne 2025, les autorités tunisiennes ont ordonné la suspension des activités d’au moins 17 ONG pour plusieurs mois.
Recul des libertés
La LTDH a été membre du Quartet du dialogue national lauréat du prix Nobel de la paix en 2015 pour son rôle dans la transition démocratique de la Tunisie. Bien que le pays se soit distingué comme une démocratie née du Printemps arabe, les organisations de défense des droits ont dénoncé un virage autoritaire et un recul des libertés depuis que le président élu Kais Saied a pris le contrôle total en 2021.
Les autorités ont notamment suspendu les activités du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux ainsi que de l’Association tunisienne des femmes démocrates, reconnues parmi les plus influentes du pays. Le bureau tunisien de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) ainsi que les médias indépendants Inkyfada et Nawaat ont également été suspendus.

