L’avenir du groupe Carrefour dévoilé aujourd’hui : la Belgique y sera-t-elle ?
Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, a annoncé que le groupe présentera son plan stratégique le 18 février, axé sur un repli dans le monde intégré dans six pays en Europe et en Amérique latine, tout en développant massivement la franchise dans le reste du monde. Carrefour a cédé son marché italien en juillet, a acquis 100% de la filiale brésilienne et s’apprête à céder ses activités en Roumanie.
Ce qui s’annonce pour l’un des grands groupes de distribution mondiaux est un tournant stratégique. Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, va révéler les axes de développement de son groupe d’ici à 2029. Ce plan, qu’il qualifie de radical et ambitieux, a été évoqué lors de ses vœux. Pour comprendre les enjeux, il est essentiel de considérer les progrès réalisés et les orientations prises.
Transformation de Carrefour en dix ans
Alexandre Bompard a pris la direction de Carrefour en 2017. Actuellement, le groupe possède 15 000 magasins dans 50 pays, majoritairement en franchise, et emploie 300 000 salariés. Au cours de cette dernière décennie, le modèle de Carrefour a évolué. De modèle intégré, il est passé à un modèle hybride avec des magasins détenus par Carrefour et d’autres gérés par des locataires (une variante de la franchise où le distributeur conserve la propriété de l’affaire) ou des franchises. Ce modèle de la franchise est celui qu’a choisi Carrefour pour s’étendre, notamment en Afrique, où il est désormais présent au Maroc, en Égypte et en Éthiopie.
Quelle direction prend donc Carrefour ? Il existe une double stratégie à garder à l’esprit, qui éclairera sans doute les annonces du 18 février lors de la présentation du plan stratégique :
- Un recentrage sur le monde intégré, c’est-à-dire la gestion directe des magasins dans six pays en Europe et en Amérique latine : France, Espagne, Belgique, Pologne, Brésil et Argentine.
- Un développement important de la franchise dans le reste du monde, particulièrement en Afrique ces derniers mois.
Actions majeures pour un changement
Que signifie « repli » dans le contexte du monde intégré ? Carrefour a procédé à trois opérations majeures au cours des douze derniers mois :
- En juillet, le groupe a cédé son marché en Italie, en raison d’un manque de croissance et d’une concurrence trop rude.
- Il a acquis 100 % de sa filiale au Brésil, qui représente son deuxième marché après la France et son principal moteur de croissance.
- Enfin, cette année, Carrefour s’apprête à céder ses activités en Roumanie.
Le PDG de Carrefour a déclaré : « Après les mouvements majeurs réalisés ces 12 derniers mois, notamment le rachat des parts minoritaires de Carrefour Brésil et la cession de Carrefour Italie, le groupe poursuit sa transformation et son recentrage sur ses trois pays cœurs : la France, l’Espagne et le Brésil. C’est dans cette dynamique que nous présenterons les grands axes de notre nouveau plan stratégique ».
Carrefour abandonne l’idée d’être un acteur intégré mondial et se transforme en un groupe régional puissant, concentré sur ses marchés les plus rentables, excluant désormais la Pologne et l’Argentine, qui sont également en vente. Au total, ces retraits pourraient réduire le chiffre d’affaires du groupe de plus de 20 milliards d’euros, tout en pouvant améliorer sa rentabilité.
Quelle est la situation de la Belgique ?
À ce stade, aucun mot n’a été prononcé à son sujet. Comme vous, vous avez certainement remarqué que le pays n’est pas mentionné parmi les trois pays cœurs chers à Bompard. Faut-il s’en inquiéter ?
La Belgique est un marché historique pour Carrefour, avec environ 4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Cependant, le cas belge est particulier. La filiale a connu un redressement ces dernières années et continue sur cette voie, comme en témoignent les derniers résultats publiés. Une grande partie de son réseau est déjà exploitée en franchise, ce qui correspond au modèle privilégié par Carrefour à l’international. Ce statut hybride pourrait donc jouer en sa faveur.
Cependant, le fait que Bompard ne la cite pas parmi les pays cœurs envoie tout de même un signal : la Belgique n’est plus au centre du projet industriel du groupe, ce qui nourrit les spéculations.
Le magazine Trends évoque trois scénarios : une vente pure et simple, davantage de franchises, ou une restructuration touchant possiblement les hypermarchés peu rentables. Des interrogations demeurent donc pour la Belgique, mais la stratégie de Carrefour semble claire : réduire son périmètre pour renforcer sa performance.

