Tunisie

Tunisie : détails sur l’incident au barrage de Mellègue

Une défaillance mécanique survenue au niveau d’une des portes du barrage de Mellègue, dans le gouvernorat du Kef, a provoqué une perte importante de capacité hydraulique, sans faire de victimes ni causer de dégâts majeurs aux infrastructures environnantes. Selon l’enseignant agrégé de géographie et spécialiste en climatologie, Amer Bahba, près de quatre cinquièmes de la capacité de stockage du barrage ont été perdus en raison de l’accumulation massive de sédiments au fil des décennies.


Une défaillance mécanique sur l’une des portes du barrage de Mellègue, situé dans le gouvernorat du Kef, a entraîné une perte significative de capacité hydraulique, sans faire de victimes ni causer de dommages majeurs aux infrastructures environnantes, selon les premières analyses des experts et des autorités.

L’incident, annoncé mercredi par le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, a rapidement mobilisé les services techniques spécialisés afin d’évaluer la situation et de prendre les mesures nécessaires pour sécuriser l’ouvrage. Les interventions d’urgence se poursuivent pour stabiliser le fonctionnement du barrage.

D’après Amer Bahba, enseignant agrégé de géographie et spécialiste en climatologie, la panne serait due à un dysfonctionnement mécanique affectant une porte de cette infrastructure hydraulique, qui est l’une des plus anciennes du pays, âgée de plus de 70 ans. Il estime que l’ouvrage atteint un seuil critique de vétusté qui pourrait, à terme, limiter son exploitation.

L’expert met également en avant que près de quatre cinquièmes de la capacité de stockage du barrage ont été perdus en raison de l’accumulation massive de sédiments au fil des décennies. Ce phénomène réduit considérablement l’efficacité des retenues d’eau et accroît la vulnérabilité des infrastructures hydrauliques anciennes.

Malgré cet incident, le niveau d’eau a commencé à diminuer par rapport à la veille, mais les flux hydriques demeurent actifs à travers l’oued Mellègue et l’oued Medjerda. Ces écoulements devraient se poursuivre durant plusieurs jours avant d’atteindre le barrage de Sidi Salem, qui, selon les spécialistes, possède une capacité suffisante pour absorber ces volumes sans difficulté majeure.

Aucune perte humaine n’a été signalée. Les dommages matériels se limitent à quelques exploitations agricoles situées en bordure des oueds, considérés comme mineurs par les autorités locales et les experts.

Le chercheur rappelle également que la mise en service progressive du futur barrage Mellègue 2 pourrait, à terme, contribuer à améliorer la gestion de l’eau dans la région. Il insiste toutefois sur l’importance d’entretenir et de réhabiliter l’ouvrage actuel afin d’éviter toute dégradation supplémentaire de ses performances.

Cet incident relance plus largement le débat sur le vieillissement des infrastructures hydrauliques en Tunisie et la nécessité d’investissements réguliers pour assurer leur maintenance, dans un contexte marqué par une pression croissante sur les ressources en eau.