
TAA — Automobile : La voiture de demain, une aubaine pour l’écosystème local
La Tunisie se positionne comme un acteur clé dans l’avenir de l’industrie automobile, grâce à la formation de milliers d’ingénieurs en informatique chaque année. Ce capital humain constitue un avantage stratégique dans un secteur où le logiciel prend le pas sur la mécanique.
L’événement organisé hier par la Tunisian Automotive Association (TAA), en partenariat avec la National Robotics Week à l’Institut national des sciences appliquées et de technologie (Insat), a permis d’explorer les enjeux et les perspectives de l’industrie automobile. Les discussions ont porté sur l’impact des tendances actuelles telles que l’Industrie 4.0 et les nouvelles mobilités, qui transforment en profondeur le paysage automobile.
Les experts présents ont souligné l’importance du Software Defined Vehicle (SDV), ou véhicule défini par le logiciel. Firas Feki, membre de la TAA et directeur d’une entreprise multinationale de logiciels automobiles en Tunisie, a expliqué que cette approche marque un tournant majeur : « Les voitures classiques sont développées principalement sur le plan mécanique et intègrent des systèmes électroniques qui, une fois la fabrication et l’intégration achevées, restent fixes et inchangeables. Avec le SDV, la voiture ressemble à un smartphone sur quatre roues ». Ce modèle permettrait aux utilisateurs de continuer à enrichir leur véhicule avec de nouvelles fonctionnalités après l’achat, grâce à des mises à jour à distance.
Feki a également mis en avant les opportunités que cette évolution représente pour la Tunisie. Il a précisé que le secteur automobile recherche davantage d’ingénieurs en informatique, dotés de compétences en systèmes automobiles, que d’ingénieurs mécaniciens ou électriciens. Selon lui, la Tunisie possède les atouts nécessaires pour s’imposer dans ce domaine émergent.
Il a ajouté que les constructeurs automobiles sont en quête d’écosystèmes propices à l’innovation et à la recherche, car le logiciel devient le moteur principal de l’innovation dans le secteur. Les véhicules modernes, de plus en plus autonomes et connectés, collectent et analysent en continu des données pour améliorer l’expérience utilisateur.
Pour capitaliser sur ces évolutions, Feki a insisté sur la nécessité de créer une synergie entre les universités et les entreprises. « L’innovation nécessite un écosystème solide où les entreprises, les universités et les centres de recherche collaborent pour développer des produits », a-t-il déclaré. Il a affirmé que cette collaboration est essentielle pour attirer les grands constructeurs automobiles en Tunisie, soulignant que le pays dispose des talents nécessaires pour innover et ne se limite plus à la simple production industrielle.
Avec des milliers d’ingénieurs en informatique formés chaque année, la Tunisie est bien positionnée pour relever le défi de la voiture de demain et attirer les grands acteurs de l’industrie automobile.
