Tunisie

Secteur bancaire : Le financement public ne recule pas, il progresse.

Le secteur bancaire tunisien affiche des signes de dynamisme au premier semestre 2026, bien que cette progression soit marquée par une dépendance croissante au financement public. D’après une analyse de « Tustex », basée sur la dernière revue « Ecoweek » du think tank « Tema », les banques ont également réduit leur recours au refinancement de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), tandis que leur ratio de fonds propres a connu une légère contraction.

À la fin de cette période, les actifs du système bancaire ont enregistré une augmentation d’environ 6 % par rapport à l’année précédente. Cependant, cette amélioration s’accompagne d’une forte présence du financement public, ce qui soulève des interrogations sur la viabilité de cette dynamique. Le ratio crédits/dépôts demeure élevé, indiquant des tensions persistantes dans la transformation bancaire. Par ailleurs, la structure des dépôts montre une préférence croissante pour la liquidité, avec des dépôts à vue qui augmentent plus rapidement que les comptes d’épargne, ce qui reflète une tendance des agents économiques à privilégier des ressources immédiatement accessibles.

En matière de solvabilité, le ratio des fonds propres par rapport au total des actifs a légèrement diminué, passant de 8,9 % à 8,4 %. Cette baisse, bien que modeste, soulève des préoccupations quant à la capitalisation des banques et nécessite une attention particulière.

L’analyse met également en lumière l’évolution du bilan de la BCT. Après une croissance de 11 % en janvier et de 11,9 % en mai, le bilan a enregistré une hausse de 6,8 % en juin 2026, marquant un ralentissement notable. Parallèlement, les créances de la BCT sur le secteur public ont crû de 18 % en juin, faisant passer la part de la dette publique dans le bilan de la banque centrale de 32,2 % à 35,6 % entre décembre 2025 et juin 2026. Cette tendance souligne un poids croissant du financement public dans les comptes de la BCT, un aspect à surveiller de près pour l’équilibre monétaire et financier.

En revanche, les banques commerciales ont réduit leur dépendance au refinancement de la BCT, avec une contraction de plus de 33 % en juin 2026 après une phase stable en début d’année. Cette évolution indique une amélioration de la liquidité interne des établissements de crédit. Ainsi, bien que le financement public prenne de l’ampleur dans le bilan de la BCT, les banques semblent moins solliciter le refinancement, tout en restant attentives à la légère baisse du ratio de fonds propres qui pourrait affecter l’équilibre du système bancaire.