Tunisie

Pollution : Le parc « Al Hadiqa » ne respire plus sous les déchets.

La pollution urbaine est devenue une réalité acceptée par de nombreux citoyens, qui ne semblent pas s’inquiéter de l’accumulation des ordures, notamment dans le parc de la Cité Al Hadiqa, qui est conçu pour le plaisir des familles vivant dans les quartiers environnants. Les déchets, tels que des emballages de jus, de yaourts à boire, et des bouteilles en plastique, s’accumulent dans le parc, ce qui dégrade son état et irrite les visiteurs, sans que des actions significatives ne soient entreprises pour remédier à la situation.

Photo : © Koutheir KHANCHOUCH

La pollution urbaine est devenue si omniprésente qu’elle semble être acceptée et tolérée. Les ordures sont désormais qualifiées de « déchets domestiques », ce qui leur donne une connotation plus « technique » que le jugement péjoratif du terme. Ces déchets s’accumulent dans le paysage, sans susciter d’inquiétude particulière. Parallèlement, dans certains quartiers densément peuplés, la population se plaint encore du manque d’espaces verts et de parcs, tandis que ceux-ci souffrent de l’impact néfaste de la pollution.

La Presse — Une visite au petit parc de la Cité Al Hadiqa (Cité Jardin), situé au Bardo, illustre l’ampleur du problème. Ce parc, qui communique avec un parcours de santé, a été conçu pour le plaisir des familles résidant dans le quartier et dans les cités environnantes, telles que la cité Ettahrir et la cité Ibn-Khaldoun.

Un parc, un concept

Ce parc représente un espace vert qui réunit de nombreux éléments nécessaires à un parc de voisinage. On y trouve un terrain asphalté assez vaste pour accueillir des matchs de football ou de basket-ball, ainsi que des bancs en bois permettant aux spectateurs de s’asseoir. Le parc comprend également un petit parcours adapté aux adultes et aux enfants. Des zones délimitées par des bancs offrent un aspect convivial, agrémentées de balançoires et d’équipements ludiques idéaux pour le développement moteur des enfants, tout en étant aussi utilisés par les adultes pour des exercices de musculation. La conception de cet espace a clairement été soigneusement pensée pour devenir un lieu agréable où passer du temps libre en famille, entre amis ou seul. Ce qui confère à ce petit parc sa singularité, c’est qu’il évoque une véritable oliveraie. Plus d’une dizaine d’oliviers y ont été plantés, ancrant ainsi l’identité végétale méditerranéenne, notamment tunisienne.

Horrible pollution !

Cette scène pleine de vie, alimentée par les rires des enfants et les discussions des adultes, est ternie par les détritus amassés dans tous les recoins et autour des grands bacs des oliviers. La vision des troncs d’oliviers enfoncés non pas dans la terre mais dans des tas de déchets suscite un profond mécontentement.

Ces bacs, destinés à soutenir des oliviers, révèlent la confusion de certains individus qui assimilent les poubelles à la nature, illustrant une inquiétante banalisation de la saleté. Les visiteurs fréquentent cet endroit quotidiennement, percevant cet état comme normal. Pire encore : ce sont les visiteurs eux-mêmes qui commettent ce délit contre la nature et un bien public. La nature des déchets accumulés en témoigne : emballages de jus, yaourts à boire, biscuits, bouteilles en plastique, emballages de fast-food… La situation du parc est désolante, voire frustrante, surtout en l’absence d’actions pour le débarrasser de ces intrusions indésirables.

Il est temps d’agir !

Pourtant, ce sont les mêmes personnes — les visiteurs pollueurs — qui subissent cet état de délabrement ! Ce sont leurs enfants, pour la plupart en bas âge, qui commencent à s’habituer à un environnement inacceptable ! Ce sont également les riverains qui constatent que le parc de leur quartier résidentiel se transforme progressivement en une décharge désordonnée ! Personne n’a tenté de prendre des mesures pour redresser la situation et agir en bon citoyen, en ami de la nature ! Pourtant, des initiatives citoyennes pourraient mettre un terme à ce fléau et redonner toute sa beauté au parc. Les résidences jouxtant le parc comptent des dizaines, voire des centaines de jeunes qui, le temps d’une matinée dominicale, pourraient tout nettoyer comme par magie ! Sans oublier les autorités locales qui ignorent l’existence de nombreuses zones où la saleté s’enracine davantage dans le paysage et dans les mentalités… Il est urgent de sauver ce parc ainsi que tant d’espaces verts pour lutter contre une mentalité stérile, contre la banalisation de la pollution et le mépris de l’environnement. Les autorités locales doivent assumer leurs responsabilités.

La création de comités de quartier s’impose. Leur rôle serait de veiller à la propreté et à la protection des biens communs. Il est également nécessaire de sanctionner les pollueurs et d’inculquer aux générations futures la culture de la protection de l’environnement et des biens publics.