Tunisie

Najm Eddine Lakhel : « La Tunisie, passerelle entre l’Inde, l’Europe et l’Afrique »

La Tunisie et l’Inde s’engagent à renforcer leur coopération économique, en se concentrant sur l’investissement, les partenariats industriels et l’établissement de chaînes de valeur communes. Cette volonté de collaboration s’inscrit dans le cadre d’une relation historique marquée par l’amitié et le respect mutuel entre les deux nations.

M. Lakhel, responsable tunisien, a souligné l’importance de transformer cette relation en une dynamique économique solide. Il a déclaré : « Notre objectif aujourd’hui devrait être de donner à cette relation une dimension économique et commerciale forte, en renforçant davantage les liens entre nos secteurs privés et en transformant le potentiel existant en véritables partenariats commerciaux, d’investissement et industriels. » Il a précisé que l’ambition ultime est de passer du commerce à l’investissement, puis aux partenariats entre entreprises, et enfin vers des chaînes de valeur intégrées.

La Tunisie se positionne comme une plateforme stratégique pour les entreprises indiennes, grâce à sa proximité avec l’Europe et son accès à l’Afrique. En retour, l’Inde offre aux entreprises tunisiennes l’accès à l’un des plus grands marchés mondiaux, ainsi qu’à des technologies avancées et à des opportunités d’investissement. Cette complémentarité constitue une base solide pour un partenariat mutuellement bénéfique.

M. Lakhel a identifié plusieurs secteurs clés où les deux pays pourraient rapidement concrétiser des projets. L’agriculture et l’agroalimentaire sont en tête de liste, avec la possibilité d’associer les compétences tunisiennes en matière d’agriculture aux technologies indiennes. La recherche et l’innovation représentent également un domaine prometteur, favorisant les partenariats entre universités et centres de recherche, ainsi que les échanges entre start-up.

Les énergies renouvelables et l’économie verte sont d’autres secteurs d’intérêt, offrant de nouvelles opportunités d’investissement grâce à la combinaison du potentiel tunisien et des capacités industrielles indiennes. Les engrais et les produits chimiques, ainsi que la gestion de l’eau, la pharmacie, l’automobile et les technologies numériques, sont également des domaines jugés prioritaires pour les communautés d’affaires des deux pays.

L’objectif est de créer des collaborations technologiques et des projets communs qui visent non seulement les marchés tunisien et indien, mais également ceux de l’Europe et de l’Afrique. M. Lakhel a également évoqué l’importance d’un accord commercial préférentiel bien structuré entre la Tunisie et l’Inde, qui pourrait apporter une nouvelle dimension stratégique à leurs relations économiques.

Un tel accord permettrait à la Tunisie de bénéficier d’un accès privilégié au marché indien, d’attirer davantage d’investissements et de diversifier ses exportations. Pour l’Inde, cela faciliterait l’accès au marché tunisien et renforcerait sa présence en Afrique du Nord. M. Lakhel a insisté sur le fait que cet accord devrait aller au-delà de la simple réduction des droits de douane, en simplifiant les procédures douanières et en soutenant le commerce numérique.

En parallèle, un traité bilatéral d’investissement pourrait offrir plus de transparence et de protection aux investissements des deux pays, créant un environnement propice aux coentreprises. M. Lakhel a souligné que cette évolution de l’environnement commercial mondial rend cette coopération particulièrement opportune, notamment avec l’accord de libre-échange entre l’Inde et l’Union européenne, qui met en lumière l’importance des liens économiques entre l’Inde et l’Europe.

Dans ce contexte, la Tunisie est bien placée pour servir de pont entre l’Inde, l’Europe et l’Afrique. « Nous devons donc avoir des ambitions élevées et passer du statut de partenaire commercial à celui de véritable partenaire économique. Notre objectif devrait être simple et clair : davantage de commerce, d’investissement, de transfert de technologies, d’innovation, de coentreprises et d’opportunités pour les PME tunisiennes et indiennes, les entrepreneurs et les jeunes innovateurs », a-t-il conclu.