Tunisie

Les jeunes médecins alertent sur le processus non sécurisé des spécialités médicales en ligne.

L’Organisation tunisienne des jeunes médecins a exprimé, ce dimanche, son désaccord face à la décision du ministère de la Santé d’utiliser une plateforme numérique pour le choix des spécialités médicales des candidats admis au concours d’accès au troisième cycle des études médicales. Dans un communiqué, l’organisation a souligné que cette initiative est prise sans les garanties techniques et procédurales jugées indispensables pour assurer le bon déroulement de cette étape cruciale dans la carrière des futurs médecins spécialistes.

Les jeunes médecins ont mis en lumière les problèmes rencontrés par certaines plateformes numériques utilisées par le ministère par le passé, qui avaient été entachées de difficultés techniques, compromettant ainsi le bon déroulement des procédures administratives. De plus, ils ont évoqué le contexte difficile que traverse le pays, notamment les coupures d’électricité et les problèmes de connexion internet, qui pourraient nuire à l’égalité des chances entre les candidats et à la transparence du processus de sélection.

Le choix de spécialité est perçu par l’organisation comme une étape décisive dans la vie professionnelle des jeunes médecins, survenant après de nombreuses années d’études et d’efforts. Par conséquent, elle insiste sur le fait que cette opération ne doit pas être soumise à des « expérimentations » ou à des solutions techniques dont la fiabilité n’est pas assurée.

Dans un autre registre, l’organisation rappelle que lors d’une réunion de travail le 17 juin 2026, le ministère de la Santé avait promis de procéder à un test préalable de la plateforme numérique, ainsi qu’à une simulation appelée « choix blanc », en collaboration avec l’Organisation tunisienne des jeunes médecins. Cette étape était censée permettre de vérifier la fiabilité de la plateforme et d’identifier les éventuels dysfonctionnements avant son utilisation officielle.

Cependant, l’organisation déplore que ces engagements n’aient pas été respectés et qu’elle n’ait pas été impliquée dans le processus de vérification convenu. À l’issue d’une assemblée générale des médecins internes, elle a affirmé que le ministère de la Santé porterait l’entière responsabilité de toute défaillance technique, atteinte à l’égalité des chances ou préjudice pouvant survenir lors de l’opération de choix des spécialités. L’organisation estime également que le ministère devra faire face aux conséquences juridiques, administratives et éthiques liées à ce qu’elle qualifie de « choix précipité ».