Le sport, une économie en jachère, ne se développe pas.
Le sport tunisien présente un potentiel immense mais souffre d’une inertie, avec des infrastructures vétustes et des partenariats privés timides. L’Observatoire du sport ne produit pas de données fiables ni de stratégies de développement, ce qui rend impossible l’élaboration d’une politique sérieuse.
Force est de constater que le sport tunisien est une terre en friche. L’économie du sport en Tunisie en est l’illustration parfaite : un potentiel immense, mais une inertie coupable. Alors que le monde entier a compris que le sport n’est plus uniquement une affaire de stades et de trophées, mais un véritable moteur économique, nous continuons à le considérer comme une activité périphérique, presque secondaire.
Regardons autour de nous : les grandes nations ont transformé leurs clubs en entreprises prospères, leurs événements sportifs en industries culturelles, et leurs athlètes en ambassadeurs économiques. Le sport est devenu un levier de croissance, un vecteur d’image et un instrument d’influence.
Pendant ce temps, en Tunisie, l’Observatoire du sport semble coincé dans une léthargie institutionnelle, incapable de produire des données fiables, des études prospectives ou des stratégies de développement. Cependant, sans chiffres, sans vision et sans diagnostic, aucune politique sérieuse ne peut émerger.
Le retard accumulé est considérable. Les infrastructures sont vétustes, les partenariats privés restent timides, et l’absence d’une véritable économie du sport prive le pays de recettes importantes. Le sport pourrait constituer un gisement d’emplois, un catalyseur de tourisme et un marché d’innovation technologique. Pourtant, il demeure enfermé dans une logique de survie, dépendant de subventions publiques et de solutions financières bricolées, où la corruption sévit.
Ce constat n’est pas une fatalité. Il s’agit plutôt d’une invitation à sortir de cette torpeur. L’Observatoire du sport doit se réveiller et devenir une vigie, un laboratoire d’idées, un moteur de propositions. Il doit mesurer, comparer, anticiper. Il doit être en mesure d’indiquer combien rapporte un match, combien coûte une saison et combien génère un athlète. Sans cela, nous continuerons à naviguer à vue, dans un océan où les autres avancent déjà à pleine vitesse.
Le sport est une économie de l’émotion, mais également une économie de la raison. Il faut savoir allier les deux : l’enthousiasme des foules et la rigueur des bilans. Si nous voulons que la Tunisie retrouve sa place sur la scène mondiale, il est urgent de construire une stratégie claire, ambitieuse et réaliste.
Une idée simple pourrait servir de déclencheur : créer un fonds national d’investissement sportif, financé par des partenariats public-privé, pour soutenir les infrastructures, l’innovation et la formation.

