Tunisie

La Tunisie face à ses détracteurs : acquis, défis, vigilance nécessaires

Le Président de la République Kaïs Saïed a affirmé que « le peuple tunisien n’oubliera pas ces fauteurs, tout comme il n’acceptera plus jamais aucun retour en arrière » lors d’une réunion avec les présidents des deux chambres. Il a également souligné que la gestion de l’État reste imperméable aux campagnes de désinformation et que la priorité demeure la sauvegarde de l’intérêt supérieur de la nation.


Entre la dénonciation des alliances opportunistes et le rejet des campagnes de désinformation, le Chef de l’État appelle à une mobilisation nationale. Son objectif est de protéger les acquis et de bâtir un rempart contre tout projet de retour en arrière.

La Presse — « Le peuple tunisien n’oubliera pas ces fauteurs, tout comme il n’acceptera plus jamais aucun retour en arrière ». C’est ainsi que le Président de la République Kaïs Saïed s’est exprimé ce lundi lors de la rencontre avec les présidents des deux chambres (ARP et Cnrd), illustrant l’état d’esprit des Tunisiens, réticents à un retour aux années difficiles. Faut-il rappeler à ceux qui ont la mémoire courte ? Notre pays a souffert pendant des années après 2011 du terrorisme, d’une ingérence étrangère manifeste et d’un effondrement économique total, au point que l’expression « le pays a touché le fond » était régulièrement utilisée.

Unité des Tunisiens face aux défis actuels

Il a fallu lutter âprement contre les salafistes, les obscurantistes et les fondamentalistes pour que le pays ressurgisse de ses cendres. Pendant ce temps, des centaines de militaires et d’agents des forces de sécurité, ainsi que Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, ont été assassinés à une époque où certains acteurs politiques cherchaient à renforcer leur contrôle sur le pouvoir. La Tunisie, autrefois terre de paix et de tolérance coexistant entre musulmans, juifs et chrétiens, est devenue méconnaissable, se transformant en un pays où des groupes terroristes imposaient leur loi. À cette époque, les pays étrangers se limitaient à publier des communiqués exprimant « leur regret et leur inquiétude » sans aller plus loin.

Aujourd’hui, certains tentent d’ignorer cette période sombre de l’histoire marquée par la corruption, les passe-droits et l’effritement des institutions étatiques. Pire encore, comme l’a affirmé le Chef de l’État à l’occasion du 70e anniversaire de la création des Forces de sécurité intérieure, ils se contredisent et changent de position presque quotidiennement, n’hésitant pas à renier leurs engagements d’hier dès que leurs intérêts personnels ou politiques l’exigent. Les adversaires d’hier sont devenus les alliés d’aujourd’hui, considérant l’État comme un butin de guerre à se partager et le peuple tunisien comme un simple instrument ou un otage de leurs calculs.

Le Président rappelle que les Tunisiens ne sont plus naïfs ; ils observent, comprennent et ne se laissent pas facilement influencer, notamment par certains contenus diffusés sur les réseaux sociaux. Ils se tiennent unis pour faire face aux défis nombreux, affirmant que la patrie reste l’expression ultime du vivre-ensemble, malgré les diversités et divergences dans leurs positions.

Fidèle à sa ligne de conduite, Kaïs Saïed souligne que la gestion de l’État ignore les campagnes de désinformation. Les « remaniements imminents » annoncés avec fracas, ou les rumeurs, ne sont que des tentatives vaines visant à altérer la vérité et à minimiser la portée des acquis nationaux.

Priorité de l’intérêt national et de la cohésion institutionnelle

Dans ce contexte, le Président appelle à dépasser les clivages conjoncturels et à privilégier l’intérêt national, promouvant une mobilisation collective basée sur la solidarité et la responsabilité. Il met également en avant la nécessité de renforcer la cohésion interne et de consolider les institutions de l’État, condition essentielle pour garantir la stabilité du pays face aux multiples pressions et défis économiques, sociaux ou sécuritaires.

Il est vrai que la coïncidence de certaines déclarations illustre le sentiment de faillite et de désespoir dans lequel s’enlisent certains, encore animés par l’espoir d’un retour en arrière. Cependant, le peuple reste déterminé à construire, en toute souveraineté, son avenir à travers les institutions constitutionnelles qu’il a lui-même établies par volonté exprimée lors du référendum, souligne le Président. Ce message s’adresse aussi aux élus de l’Assemblée des représentants du peuple et du Conseil national des régions et des districts, dont les présidents ont assisté à la réunion de ce lundi.

Face aux intérêts particuliers, aux revendications individuelles, à l’allégeance et à la dépendance vis-à-vis de l’étranger, l’intérêt supérieur de la nation doit rester la priorité, dans un esprit d’unité et de responsabilité collectives. Entre les acquis et les défis à venir, le maintien d’une vigilance constante s’impose comme le socle inébranlable de notre souveraineté, garantissant que chaque avancée sera protégée contre les menaces de déstabilisation et les tentatives de retour en arrière.