Tunisie

IA : Les enjeux de l’externalisation des destinations en 2023

L’Intelligence artificielle (IA) devient un élément clé dans la compétitivité des destinations d’externalisation. Selon le rapport « Global Outsourcing AI Readiness Index 2026 » d’Ataraxis Management, l’Inde se positionne en tête du classement, suivie par le Brésil et la Malaisie. L’étude évalue divers critères tels que l’adoption de l’IA, les compétences disponibles, l’intégration de ces technologies dans les entreprises et la préparation des systèmes éducatifs. Bien que la Tunisie ne figure pas dans ce classement, elle fait face à un défi similaire : transformer ses compétences numériques en atout concurrentiel.

Dans ce contexte, l’IA émerge comme un nouveau critère de choix pour les entreprises d’externalisation, remplaçant des facteurs traditionnels tels que le coût de la main-d’œuvre et la stabilité politique. Le rapport analyse 25 pays, prenant en compte l’adoption de l’IA par la population, la maîtrise des technologies par les travailleurs, l’intégration de l’IA dans les entreprises, et le potentiel des systèmes éducatifs à former les talents nécessaires.

L’Inde, avec un score de 84,55 sur 100, se distingue par la compétence de sa main-d’œuvre et l’utilisation avancée de l’IA dans ses entreprises. Le Brésil suit avec 76,1 points, tandis que la Malaisie obtient 75,65 points. D’autres pays comme la Hongrie, les Philippines, et l’Afrique du Sud complètent le top 10. L’indice accorde une importance significative à l’adoption de l’IA par la population et à la maîtrise de ces technologies, représentant respectivement 30 % du score final. L’intégration dans les entreprises et le potentiel éducatif sont également des critères essentiels.

L’étude souligne que la compétitivité ne peut plus se résumer à des coûts bas. Les entreprises recherchent désormais des partenaires capables d’utiliser l’IA pour optimiser leur productivité et offrir des services à valeur ajoutée. L’IA ne marque pas la fin de l’externalisation, mais pourrait au contraire renforcer l’attrait des pays dotés de compétences technologiques solides.

Concernant les marchés clients, les États-Unis dominent avec un score de 86,7 points, représentant 36 % des dépenses mondiales en externalisation. D’autres pays comme le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne suivent dans le classement.

Pour la Tunisie, l’absence dans ce classement est une occasion de réflexion. Le pays doit maintenant se concentrer sur le développement des compétences en IA, l’accélération de son adoption par les entreprises et l’adaptation des formations aux exigences du marché. La capacité à attirer et retenir les talents, ainsi qu’à développer un écosystème numérique performant, sera cruciale.

Ainsi, la compétition dans le secteur de l’externalisation évolue. Si le coût du travail reste un facteur important, il ne suffit plus à lui seul. Les pays qui réussiront à allier compétences, infrastructures, formation et adoption de l’IA seront les mieux placés pour tirer leur épingle du jeu. Pour les économies émergentes, l’enjeu est de ne pas se contenter d’être des plateformes de services, mais de gravir les échelons de la chaîne de valeur. L’IA pourrait bien être le levier de cette transformation.