Tunisie

Fraude aux examens : sanctions sévères pour assainir l’éducation

Un groupe de députés a déposé une proposition de loi visant à renforcer la répression de la fraude lors des examens nationaux et des concours publics en Tunisie. Hatem Labaoui a indiqué mercredi 13 mai 2026 que le texte prévoit des sanctions disciplinaires et des peines de prison allant d’un à cinq ans, ainsi que des amendes comprises entre 20 000 et 100 000 dinars pour toute personne impliquée dans la fraude.


Un groupe de députés a lancé une proposition de loi destinée à renforcer la lutte contre la fraude lors des examens nationaux et des concours publics en Tunisie, avec pour objectif de mettre à jour le cadre juridique afin de l’adapter aux méthodes de triche de plus en plus élaborées.

Hatem Labaoui, vice-président de la commission de l’éducation à l’Assemblée des représentants du peuple, a déclaré le mercredi 13 mai 2026 que cette initiative provient de l’obsolescence de la législation actuelle, adoptée dans un contexte différent et désormais inadaptée aux nouvelles formes de fraude ainsi qu’à l’utilisation croissante des technologies numériques.

D’après lui, le projet de loi cherche à combler un vide juridique et à contrer des réseaux organisés qui ont émergé ces dernières années dans le domaine de la fraude aux examens, qualifiés de structures « sophistiquées » offrant des services payants.

La proposition de loi définit la fraude comme tout acte ou tentative d’influencer les résultats d’examens ou de concours par des moyens illégaux, notamment à l’aide de dispositifs numériques ou de fuites de sujets.

### Des sanctions renforcées

Le texte prévoit des sanctions disciplinaires pour les candidats impliqués dans des actes de fraude, conformément aux procédures établies par les autorités organisatrices des examens.

Il introduit également des peines d’emprisonnement de un à cinq ans et des amendes allant de 20 000 à 100 000 dinars pour toute personne participant à l’organisation, à la préparation ou à la facilitation de la fraude, ou impliquée dans des fuites de sujets avant ou pendant les épreuves, notamment par le biais des plateformes numériques.

La proposition cible également les complices, intermédiaires et personnes engagées dans la fabrication ou la commercialisation de moyens de triche, en prévoyant un durcissement des sanctions en cas de récidive.

Pour les agents publics, le texte stipule des peines d’emprisonnement de deux à cinq ans et des amendes de 10 000 à 20 000 dinars pour tout fonctionnaire utilisant sa position afin de faciliter la fraude ou de divulguer des sujets d’examen. Des sanctions complémentaires, telles que la révocation et l’interdiction d’exercer dans la fonction publique, sont également envisagées.

Hatem Labaoui a souligné que cette proposition vise principalement les réseaux de fraude organisés, devenus à ses yeux un « marché parallèle » générant des revenus conséquents, tout en évoquant l’implication de certains parents et agents dans des opérations de fuite de sujets pour assurer la réussite de leurs enfants.

Il a enfin averti sur les conséquences de ce phénomène, qui menace la valeur du diplôme national, fragilise la confiance dans le système éducatif et contrevient aux principes de mérite et d’égalité des chances.