Tunisie

Enseignement supérieur et durabilité : relever le défi des « MUV »

La transformation des universités tunisiennes en espaces verts, désignée sous l’appellation « MUV », est désormais considérée comme une priorité pour favoriser une transition écologique et durable dans le domaine de l’enseignement supérieur. Ce défi est d’autant plus crucial face aux enjeux environnementaux et socioéconomiques actuels, ainsi qu’aux engagements internationaux pris par la Tunisie à travers la ratification de diverses conventions. La durabilité et l’écologie ne sont pas seulement des concepts à intégrer, mais constituent les fondements d’un avenir respectueux des ressources.

Dans ce contexte, le projet d’Appui à la recherche et à l’enseignement supérieur dans le secteur de l’environnement (Aresse), soutenu par l’Union Européenne et orchestré par l’Agence nationale de promotion de la recherche scientifique (Anpr) en collaboration avec plusieurs directions générales, vise à accompagner les établissements d’enseignement supérieur dans leur démarche vers une écologie durable.

Pour atteindre cet objectif, un document national de référence est en cours d’élaboration. Ce dernier définira les principaux axes et critères à suivre pour développer des projets « MUV », garantissant ainsi une meilleure compétitivité et visibilité des universités tunisiennes sur la scène internationale. Hier, à Tunis, un atelier a été organisé pour présenter ce « Référentiel MUV », rassemblant des représentants des différentes institutions universitaires afin de discuter et valider ce projet.

Le Dr Wiem Sifaoui, experte en charge de la conception du Référentiel, a ouvert la discussion en soulignant l’importance de redéfinir le rôle des universités dans un cadre durable. Elle a rappelé que la Tunisie a réitéré son engagement envers la transition écologique à travers des réformes et des initiatives alignées sur les Objectifs de Développement Durable (ODD) fixés pour 2030. Cependant, elle a noté que les efforts actuels sont souvent fragmentés, créant des disparités entre les établissements. Il est donc essentiel d’établir des critères clairs pour un milieu universitaire respectueux de l’environnement.

Elle a également insisté sur la nécessité d’intégrer une culture environnementale au sein des universités, affirmant que la durabilité doit devenir une composante essentielle de toutes les missions académiques.

Le référentiel MUV vise à pallier les insuffisances en matière d’écologie et de durabilité dans les établissements d’enseignement supérieur. Il propose une structure de pilotage et des indicateurs fiables, conformes aux normes internationales, pour harmoniser les actions entreprises. Ce cadre sera supervisé par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, garantissant ainsi le suivi des avancées.

Ce document, tout en étant un guide de pilotage, n’aura pas de caractère contraignant dans l’immédiat. Toutefois, il pourrait évoluer vers un cadre juridique obligatoire, selon les besoins futurs.

Le processus de création du référentiel a été enrichi par quatre ateliers régionaux organisés à Jendouba, Sousse, Tunis et Gabès, réunissant des responsables universitaires pour partager les meilleures pratiques et initiatives. Les discussions ont été centrées sur six axes principaux : la gouvernance durable, l’enseignement et la formation, la vie universitaire et l’engagement social, la gestion durable du milieu universitaire, ainsi que la mobilité et le transport durables.

Dans une seconde intervention, le Dr Sifaoui a mis en lumière les indicateurs stratégiques et opérationnels du référentiel. Les indicateurs stratégiques sont alignés sur les objectifs de l’État et les ODD, tandis que les indicateurs opérationnels se concentrent sur les actions concrètes sur le terrain. Elle a souligné l’importance de mesurer les progrès réalisés en matière de transition écologique, affirmant que « l’on ne peut piloter que ce que l’on mesure ». Pour cela, il est crucial d’établir des systèmes de mesure basés sur les engagements internationaux et les standards de durabilité universitaire.

En conclusion, le Dr Sifaoui a encouragé à relever les défis écologiques et durables pour améliorer le classement mondial des établissements d’enseignement supérieur, soulignant que chaque avancée dans ce domaine contribue à un avenir meilleur.