Énergie : 25 % de taux de dépendance prévu d’ici 2030
D’ici à 2030, la Tunisie s’est fixé des objectifs de réduire la dépendance énergétique à 25%, de baisser l’intensité carbone de 45% et d’atteindre environ 35% d’énergies renouvelables dans le mix électrique. Les dernières estimations tablent sur une enveloppe globale de 55 milliards de dollars qui couvre « non seulement l’énergie mais aussi d’autres projets, entre autres l’adaptation climatique ou encore la restauration des sols ».
Conscients de l’enjeu énergétique, les autorités du pays se sont fixées des objectifs clairs d’ici 2030 : réduire la dépendance énergétique, qui continue de peser sur les finances publiques, à 25 %, diminuer de 45 % l’intensité carbone et atteindre environ 35 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique.
Ce programme ambitieux repose sur un financement adéquat. Les dernières estimations évaluent à 55 milliards de dollars le montant global nécessaire, couvrant « non seulement l’énergie mais aussi d’autres projets, entre autres l’adaptation climatique ou encore la restauration des sols ». Ces sommes conséquentes nécessitent un secteur privé dynamique et engagé ainsi qu’une mobilisation internationale soutenue.
La Presse — Il est indéniable que la situation énergétique nationale est loin d’être confortable. Les préoccupations quant à une pression croissante sur nos finances publiques se confirment.
Les derniers indicateurs révèlent que le taux de dépendance a atteint 66 % à la fin du premier trimestre 2026, avec plus de 1,5 million de tonnes équivalent pétrole (tep), contre 61 % l’année précédente.
Cette situation à risque s’explique en grande partie par une production en baisse, avec une régression de 8 % par rapport à 2025, ne couvrant qu’environ 28 % des besoins nationaux, ce qui témoigne d’une transition presque à l’arrêt et d’une forte dépendance aux marchés internationaux.
Au-delà de ces indicateurs, ce qui préoccupe surtout, c’est la trajectoire ascendante de cette dépendance qui n’était que de 42 % en 2021. En 2022 et 2023, les taux ont atteint respectivement 52 % et 57 %. Ce rythme soutenu met en lumière les défaillances structurelles du secteur énergétique.
Les perspectives ne semblent pas plus encourageantes, notamment en raison d’un système de production peu efficace et d’une politique d’exploitation et d’exploration au ralenti.
**Priorité au photovoltaïque**
Face à cette complexité, qui pourrait s’aggraver en cas d’élargissement des perturbations géopolitiques, la Tunisie doit agir rapidement pour atténuer la pression sur le secteur énergétique.
Ainsi, le pays a pour objectifs stratégiques de réduire la dépendance énergétique à 25 % d’ici 2030, de réduire la consommation d’énergie primaire de 30 %, de diminuer l’intensité carbone de 54 % et d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix électrique à 35 %, nécessitant les moyens de réaliser ces ambitions.
À ce stade, le pays se concentre sur plusieurs leviers stratégiques, en mettant l’accent sur l’accélération du plan solaire, avec une priorité donnée au photovoltaïque et à l’éolien. De plus, le Chef de l’État a récemment ratifié plusieurs lois concernant des projets de centrales photovoltaïques dans diverses régions, soulignant ainsi cette orientation stratégique.
Pour mener à bien ces programmes, un intérêt particulier est accordé à l’implication du secteur privé dans l’effort national, notamment grâce à des partenariats public-privé, en orientant vers l’autoconsommation industrielle et résidentielle, et en garantissant un bon niveau de technologies vertes, avec un objectif de création de 70 000 emplois verts dans le secteur.
Ces projections ambitieuses nécessitent un financement adéquat, avec un montant global de 55 milliards de dollars prévu entre 2026 et 2035.

