Tunisie

Coupures d’électricité et bornes hors service : le calvaire des propriétaires de voitures électriques

L’État tunisien a instauré plusieurs mesures incitatives pour favoriser l’achat et la commercialisation des voitures électriques, dans le cadre de ses efforts pour promouvoir des modes de transport plus écologiques et respectueux de l’environnement.

Parmi ces mesures, on note la réduction de la TVA à 7 % sur les voitures électriques, une diminution de 50 % des frais d’immatriculation et de la taxe annuelle de circulation, ainsi que l’octroi d’avantages douaniers. De plus, une fiscalité préférentielle a été mise en place pour les équipements et les bornes de recharge électriques.

Ces incitations commencent à avoir des effets positifs sur le marché tunisien des voitures électriques. Le nombre de ces véhicules commercialisés a ainsi considérablement augmenté par rapport à l’année précédente. Alors qu’un peu plus de 600 voitures électriques avaient été vendues durant l’année 2025, environ 1 100 véhicules ont déjà été écoulés depuis le début de l’année 2026, illustrant une dynamique de croissance du marché.

Cette tendance devrait se poursuivre, selon Ibrahim Debbache, président de la Chambre des concessionnaires et des constructeurs automobiles, qui prévoit la commercialisation de 2 000 voitures électriques supplémentaires d’ici l’année prochaine.

Bien que ces chiffres témoignent d’un essor progressif de la mobilité électrique en Tunisie, la réalité sur le terrain révèle des insuffisances qui pourraient freiner cette dynamique. L’infrastructure nécessaire pour accueillir et développer la circulation des voitures électriques est loin d’être optimale.

Les propriétaires de voitures électriques font face à de longues files d’attente et à des bornes de recharge non opérationnelles. Des Tunisiens vivant à l’étranger, venus passer leurs vacances en Tunisie avec leurs voitures électriques, ont récemment fait l’expérience de ces désagréments. Bien que la gratuité de la recharge soit un avantage appréciable, plusieurs automobilistes ont signalé le mauvais fonctionnement de certaines bornes, dont plusieurs étaient hors service.

À cela s’ajoutent les longues files d’attente devant les rares bornes fonctionnelles, ainsi que les délais particulièrement longs nécessaires pour recharger les véhicules. Cette situation contraste fortement avec l’expérience vécue dans plusieurs pays européens.

« En France, contrairement à ici, recharger sa voiture est un service payant, mais l’avantage est que la recharge est rapide et ne dépasse pas un quart d’heure. Ici, il faut parfois plusieurs heures pour recharger sa voiture », témoigne une automobiliste.

Face à ces difficultés, cette dernière a même dû consacrer une partie du budget initialement prévu pour ses vacances en Tunisie à l’achat d’une borne de recharge personnelle, dont le coût varie entre 3 000 et 4 000 dinars, qu’elle a installée dans le logement où elle séjourne afin de pouvoir recharger son véhicule.

À ces difficultés s’ajoutent les perturbations liées aux chutes de tension et aux coupures d’électricité enregistrées au cours des dernières semaines, notamment en raison des vagues de chaleur et de l’augmentation de la demande énergétique. Ces perturbations ont constitué un obstacle supplémentaire à la circulation des voitures électriques dans le pays ces derniers jours.

L’essor du marché tunisien de la voiture électrique est désormais bien engagé. Il reste à mettre en place les conditions nécessaires pour que l’infrastructure suive le rythme de cette croissance.