Consommation : Stratégies efficaces pour ne pas dépenser cher
Dans plusieurs pays européens, la course aux « bonnes affaires » est devenue un rituel quotidien en réponse à la crise et à la flambée des prix. En Tunisie, l’absence d’une véritable culture des points de vente à prix réduits aggrave les difficultés des consommateurs modestes, ne bénéficiant pas d’un mécanisme qui pourrait leur alléger le quotidien.
Dans un contexte mondial marqué par la crise et la flambée des prix, la recherche des « bonnes affaires » est devenue une routine quotidienne dans plusieurs pays européens. Entre les ventes à prix réduits, les produits proches de la date de péremption et les marchés parallèles, les consommateurs tentent d’alléger une charge devenue insupportable. En Tunisie, l’absence d’une véritable culture de ces points de vente accentue les difficultés des plus modestes, qui sont privés d’un mécanisme pouvant pourtant alléger leur quotidien.
Ce phénomène n’est pas propre à la Tunisie. Les événements qui perturbent le monde depuis un certain temps engendrent un climat morose dans de nombreux pays européens, habitués à avoir accès à tout ce dont ils ont besoin. Les habitants de ces nations souffrent des conséquences de cette situation.
Dans ces pays, habitués à une relative opulence, mise à mal par cette crise persistante, la quête des « affaires » est incessante, souvent précédée d’une consultation des catalogues. Les consommateurs traversent parfois les frontières pour acquérir des produits moins chers, acheter du carburant ou d’autres biens en solde.
Dès le matin, les clients affluents déjà sur place. Tout le monde a intégré le système : on n’expose pas beaucoup de produits à la vente et il s’agit de ne pas rentrer les mains vides. À l’ouverture des grandes surfaces, c’est une ruée vers les rayons repérés la veille, entourés d’un emballage plastique portant la mention de la journée de vente, afin de tenter d’obtenir sa part.
D’autres se dirigent directement vers les magasins dédiés à la vente à prix réduits. Dans ces pays, ce type de commerce est encouragé pour minimiser le gaspillage de grandes quantités de denrées alimentaires tout en soutenant ceux qui peinent à joindre les deux bouts.
Ces produits, proches de la date de péremption, sont vendus à un prix abordable pour éviter leur retrait total du marché. Cependant, certains vendeurs n’ont pas encore saisi l’utilité de ces points de vente, étant obnubilés par le profit, ce qui les pousse à jeter des produits plutôt que de contribuer à alléger le quotidien des plus défavorisés.
En effet, selon un responsable d’un point de vente d’une grande surface reconnue, « tout est détruit et un procès-verbal a été dressé pour entériner cette destruction ! » Cela explique pourquoi ce type de vente n’est pas très populaire. Il manque une conviction qui serait essentielle pour inciter à soutenir une action visant à encourager la création de magasins spécialisés dans la vente de produits dont la date de retrait est imminente.
Une seule grande surface s’est spécialisée dans ce créneau, ce qui est un bon point. Elle propose des produits au prix du jour et d’autres en quantités respectables, destinés à être écoulés rapidement pour éviter leur retrait du marché. L’important est d’éviter de jeter des produits qui pourraient profiter à des consommateurs, qui, par exemple, hésitent à acheter des yaourts, du fromage, du poisson ou de la viande dont les prix sont exorbitants.
Il est légitime de se demander où vont les invendus lorsque leur date approche. Restent-ils sur les étagères ? Sont-ils renvoyés aux fournisseurs (peu probable dans les cas sans accord) ou sont-ils détruits ?
Les produits à prix réduits n’incluent pas seulement les produits laitiers. Un catalogue est diffusé chaque semaine, indiquant les ventes à prix réduits. Dans d’autres grandes surfaces, il est vrai que les espaces réservés à ces produits sont tellement petits qu’ils en deviennent ridicules, et le choix proposé ne motive pas les consommateurs.
Ainsi, au jour annoncé, une foule se presse à l’entrée des magasins. Toutefois, face à l’attrait de cette formule, il semble y avoir une volonté de modifier les règles du jeu en ne mettant qu’une petite quantité de ces produits, les rendant ainsi de simples produits d’appel. Les clients, qui se sont déplacés, finissent par faire contre mauvaise fortune bon cœur et achètent autre chose.
Pour ce qui est des légumes et des fruits, les achats se font par à-coups. Les consommateurs doivent patienter jusqu’à ce que les rondes de surveillance autour des marchés aient quitté les lieux pour acheter à des prix bien plus intéressants que ceux pratiqués à l’intérieur, souvent mal agencés, peu attrayants et à des tarifs peu acceptables.
Aux abords des marchés, les vendeurs à la sauvette constituent une échappatoire pour alléger la charge quotidienne de nombreux consommateurs. On peut se demander pourquoi la qualité équivalente se vend à des prix plus compétitifs. La réponse réside dans les circuits de distribution : certains produits ont suivi un chemin complexe d’intermédiaires, tandis que d’autres sont livrés directement par des véhicules déchargeant rapidement aux portes du marché pour être pris en charge par ces revendeurs.
Les clients les plus astucieux reviennent en fin de journée, période où il y a moins de rondes de surveillance et où les prix chutent véritablement. Tous ces revendeurs cherchent à se débarrasser des stocks restants, offrant ainsi une occasion pour ceux qui ont eu la patience d’attendre ou de revenir.

