Tunisie

Communication publique : la SONEDE ne saisit pas l’opportunité de modernité

La Société Nationale d’Exploitation et de Distribution des Eaux (SONEDE) a récemment publié une vidéo dans le but de rassurer les citoyens sur la qualité de l’eau du robinet. Filmé au complexe de Ghdir El Golla, ce contenu visait à informer le public sur le processus de traitement de l’eau, qu’elle provienne de barrages, de nappes souterraines ou du dessalement, en soulignant les protocoles de désinfection rigoureux appliqués. Cependant, le résultat final a suscité des réactions mitigées, frôlant le désastre.

Dès les premières images, le constat est accablant : la forme l’emporte sur le fond. L’éclairage, peu flatteur, ternit l’infrastructure au lieu de la mettre en valeur, tandis que la qualité visuelle évoque les caméscopes des années 90. La voix monotone du narrateur, dénuée de toute pédagogie, ne parvient pas à transmettre l’expertise et la transparence que l’on pourrait attendre d’un organisme d’État. Ce produit final semble avoir été réalisé dans la précipitation, laissant transparaître un amateurisme déconcertant.

Cette situation soulève une question cruciale : comment une telle vidéo a-t-elle pu obtenir le feu vert pour sa diffusion ? Alors que le pays regorge de jeunes créatifs dans les domaines du numérique, de la réalisation et du design, il est regrettable de constater la persistance de contenus qui semblent dater d’une époque révolue. Cela soulève des interrogations sur des pratiques bureaucratiques qui pourraient étouffer la créativité, sur des budgets mal gérés au profit de prestataires peu scrupuleux, ou encore sur une perception d’un secteur public où le nivellement par le bas semble prédominer.

À l’heure où l’image est omniprésente, la communication des institutions publiques ne peut plus être considérée comme une simple formalité administrative. Pour rétablir la confiance des citoyens, il est essentiel de respecter leur intelligence en leur proposant des contenus qui reflètent les enjeux nationaux.

En attendant que la SONEDE prenne conscience de ce manquement, la vidéo continue de faire l’objet de moqueries sur les réseaux sociaux. Il est impératif de mettre un terme à cet amateurisme et de réévaluer les méthodes de communication, car celle-ci est un métier à part entière, qui ne peut se contenter d’improvisation.