
Affaire du « don chinois » : Rafik Abdessalem devant la Chambre criminelle
La Chambre d’accusation spécialisée dans les affaires de corruption financière près la Cour d’appel de Tunis a pris une décision importante en confirmant la clôture de l’instruction concernant l’ancien ministre des Affaires étrangères, Rafik Abdessalem, dans le cadre de l’affaire du « Don chinois ». Ce dernier est désormais officiellement renvoyé devant la justice, faisant face à des accusations graves de détournement de fonds publics et d’abus de pouvoir.
D’après des sources judiciaires ayant communiqué avec la TAP, la juridiction d’appel a ordonné que Rafik Abdessalem, qui se trouve actuellement en fuite, soit présenté à la Chambre criminelle du Pôle judiciaire économique et financier, rattaché au Tribunal de première instance de Tunis.
Les charges qui pèsent sur l’ancien responsable diplomatique sont sérieuses. Il est notamment accusé d’abus de fonction, ayant utilisé son statut d’agent public pour obtenir des avantages indus, au détriment de l’administration. En outre, il fait face à des accusations de gestion illégale et de détournement de fonds qui lui avaient été confiés dans le cadre de ses fonctions.
L’affaire remonte à l’acceptation par l’inculpé d’un don d’un million de dollars, accordé par la République populaire de Chine, qui a été déposé sur un compte bancaire personnel ouvert auprès d’une institution locale, désigné comme « compte extérieur privé ». Les résultats de l’enquête judiciaire révèlent que Rafik Abdessalem a géré ces fonds en dehors de tout cadre légal, les détournant à des fins personnelles plutôt que de les affecter à des projets d’intérêt général.
Il est allé jusqu’à utiliser ces fonds pour régler ses séjours dans divers hôtels du pays, en émettant des chèques tirés de ce compte, imputant ainsi des dépenses privées au budget de l’État sans justification professionnelle. De plus, la gestion des fonds a été marquée par des pratiques frauduleuses, notamment la passation de marchés avec des fournisseurs sans respecter les procédures réglementaires. Il lui est reproché d’avoir signé un contrat avec Mokdad El Majri pour des activités ministérielles, sans appel d’offres ni mise en concurrence.
L’enquête a également mis en lumière des retraits de chèques effectués par des fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères, qui inscrivaient leurs noms comme bénéficiaires avant de remettre les montants à d’autres agents, le tout sous le regard de l’ancien ministre, seul habilité à signer ces chèques.
Enfin, Rafik Abdessalem est accusé d’avoir acquis des biens personnels financés par le compte de son ministère, d’avoir organisé des voyages en Italie pour des tiers, et d’avoir permis à des individus n’ayant aucun lien avec le ministère d’encaisser des chèques émis sur ce compte.
