
UTMB 2026 : Julien Veysseyre, amputé, prêt à marquer l’histoire de l’ultra-trail
Julien Veysseyre, un coureur au parcours inspirant, s’apprête à relever un défi colossal : devenir le premier amputé d’une jambe à terminer l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB), une épreuve redoutable de 174 km avec un dénivelé positif de 9.900 mètres. À l’âge de 18 ans, un accident de chariot élévateur sur son lieu de travail l’a contraint à l’amputation de sa jambe droite après avoir subi de graves blessures.
Après une rééducation de six mois, Julien, âgé de 39 ans, a dû réévaluer ses ambitions sportives. Passionné de moto d’enduro, qu’il pratiquait avec sa famille avant son accident, il a progressivement orienté son attention vers le para-triathlon en 2018, un sport qui lui a permis de se réinventer.
« La course à pied a soudain pris une nouvelle dimension pour moi. Retrouver des sensations perdues m’a replongé dans mes souvenirs d’enfance », confie-t-il. En parallèle de sa carrière chez Michelin, où il a occupé divers postes, il a réussi à se hisser au sommet de sa discipline, remportant le titre de champion du monde de para cross-triathlon en 2023.
Devenu athlète sponsorisé par Salomon, il s’est désormais consacré à l’ultra-trail, s’appuyant sur des lames de course développées par la start-up française Hopper, en collaboration avec Salomon et Airbus. Malgré une consommation énergétique plus élevée que celle des coureurs valides, allant de 30 à 70 % selon les études, il parvient à se classer régulièrement dans le premier quart des classements.
Julien a récemment terminé la MCC en 404e position sur 1.092 participants et la CCC en 877e position sur 1.641 finishers. À présent, il se prépare à affronter l’UTMB, pour lequel il a intensifié son entraînement, atteignant une moyenne de trente heures par semaine cet été. Ce vendredi, il s’élancera à travers les Alpes françaises, italiennes et suisses, avec une limite de temps de 46 heures et 45 minutes, en compagnie de cinq accompagnateurs qui l’aideront à gérer ses lames de course tout au long des 174 km.
« On joue avec les limites physiques et mentales », résume-t-il, conscient des défis qui l’attendent. Alors que l’UTMB a débuté avec le départ de plusieurs courses, Julien est également le sujet d’un film produit par Salomon, prévu pour l’hiver prochain. Pour lui, l’important n’est pas seulement de franchir la ligne d’arrivée, mais de le faire idéalement en moins de 40 heures, après deux nuits passées en montagne. Le soutien de ses enfants, Léo et Swann, sera crucial pour lui, car il souhaite leur transmettre l’envie de se dépasser et de vivre des émotions intenses tout au long de cet événement.
