Sport

Roland-Garros 2026 : Andreeva ne veut pas manquer son retour

Mirra Andreeva est devenue la 10e plus jeune lauréate d’un titre en Grand Chelem à 19 ans. L’année dernière, elle avait enregistré une défaite sur le Court Philippe Chatrier contre Loïs Boisson, avec des statistiques peu glorieuses comprenant une personne virée de son box et un avertissement de l’arbitre.

De notre envoyé à Roland-Garros,

Il a fallu attendre longtemps. Depuis les premiers succès de Mirra Andreeva chez les professionnels, sous la direction de Jean-René Lisnard à l’âge de 14 ans sur terre battue, jusqu’à sa victoire impressionnante en finale de Roland-Garros contre la surprenante Maja Chwalinska, un long chemin a été parcouru. Pas assez pour que la Russe fête son vingtième anniversaire, mais suffisamment pour susciter l’impatience chez ceux qui espéraient la voir pulvériser les records de précocité de ce sport.

A 19 ans, Andreeva est désormais la 10e plus jeune gagnante d’un titre en Grand Chelem. Un classement supérieur à ceux de Swiatek, Gauff, Evert et Venus. Elle aurait pu réaliser une performance encore plus remarquable, mais ses défis personnels l’ont freinée. L’année dernière, elle avait été écrasée sur le Court Philippe Chatrier par Loïs Boisson, laissant derrière elle des statistiques peu reluisantes : une défaite, une personne expulsée de son box et un avertissement de l’arbitre.

Anxiété, Federer et Snoop Dogg

En un an, les voix qui la troublaient ont disparu, étouffées par le soutien de sa coach Conchita Martinez, remplacées par les mélodies qu’elle chante, ce grand panneau « stop » qu’elle visualise lors de ses crises d’anxiété, et les souvenirs de Roger Federer qu’elle évoque.

« J’ai juste décidé, comme le dit ma psychologue, que l’on peut toujours choisir comment on va être sur le court, comment on va jouer, quelle personne on va être. J’ai choisi d’être une battante et j’ai aussi regardé beaucoup de matchs de Roger ici. De toute évidence, je n’aurais jamais la même aura que Roger, mais je voulais essayer de reproduire un peu la manière dont il se conduit sur le court, parce que j’ai toujours admiré cela et cela m’a peut-être aidée. »

Ses remerciements à sa psychologue ne sont donc pas insignifiants, tout comme son remix du « Thanks me » de Snoop Dogg dans son discours de victoire. « Je veux me remercier de croire en moi-même, même quand c’est dur », même si son parcours à Roland-Garros n’a pas été particulièrement ardu.

Andreeva déjà accro à la victoire en Grand Chelem

Excepté Bassols Ribera, la seule à lui avoir réussi à prendre un set au 2e tour, Mirra Andreeva a surpassé tous ses adversaires avec puissance pour soulever la coupe Suzanne Lenglen. Sa victime la mieux classée, Marta Kostyuk, n’est « que » 15e mondiale, mais elle était sur une série de 16 victoires consécutives sur terre battue. On peut regretter le potentiel rendez-vous manqué avec Aryna Sabalenka en finale, mais le moment des grandes batailles viendra pour la Russe.

Tous les aspects de son jeu laissent à penser que le public du Chatrier aura l’occasion de la revoir à plusieurs reprises en finale, selon Mary Pierce, qui lui a remis le trophée, un clin d’œil à la finale de 2000 remportée par la Française contre Conchita Martinez.

« Je l’avais dit il y a deux ans à Conchita qu’elle irait très loin, sourit Pierce. Mirra est agressive, elle sert bien, elle retourne bien, elle n’a pas peur, elle va vers l’avant. Elle a un jeu d’attaquante. Elle fera de grandes choses. Elle n’a que 19 ans. D’ici cinq, six ans, je pense qu’elle gagnera d’autres Grand Chelems. »

Andreeva a d’ailleurs goûté à l’euphorie de monter sur le podium. Elle en redemande. « Ces sentiments sont quelque chose de très, très spécial et pour être honnête, je me demande déjà comment je vais me préparer pour la saison sur gazon, comment je vais jouer le tournoi sur gazon. Il y a un côté addictif et je vais faire de mon mieux pour expérimenter ceci une deuxième fois. »

Reçue 0/5 contre Coco Gauff

« Quand on gagne son premier Grand Chelem, c’est sûr qu’on est plus confiante et j’en suis contente, mais elle peut encore améliorer certaines choses, elle doit encore développer son jeu, a immédiatement calmé Conchita Martinez. Mais c’est une bonne nouvelle et il faut conserver son humilité et continuer à travailler. » Pour répéter l’exploit de Paris, Andreeva devra aussi gagner en régularité face aux meilleures, à commencer par Coco Gauff, qu’elle n’a jamais battue en cinq confrontations, et franchir plusieurs caps dans les autres tournois majeurs, comme atteindre la deuxième semaine à Flushing Meadows par exemple. « Elle joue très bien sur dur, elle peut aller loin à l’US Open et en Australie », rassure Mary Pierce.

Pour l’instant, Andreeva savoure à sa manière. Elle interrompt la conférence de presse de Conchita Martinez, prend le micro comme une journaliste pour demander à l’Espagnol ce que ça fait de travailler avec elle, et éclate de rire avant de partir en courant, ses pin’s autour du cou comme depuis le début de la quinzaine. Ses enfantillages rappellent son âge, tandis que son palmarès évoque déjà une carrière remplie. Mirra n’a que 19 ans, et elle est promise à un bel avenir. À Paris, Londres, New-York, Melbourne et au-delà.