
Politique et argent menacent le football en marge de la dernière coupe du monde
La version du Mondial 2026 a été marquée par des dépassements de toutes sortes, avec un lobbying politico-économique omniprésent.
La FIFA, à l’occasion de ce Mondial, a indéniablement engrangé des revenus considérables, atteignant 15 milliards de dollars. Organisé dans trois puissances sportives et économiques, cela ne pouvait en être autrement. Cependant, cette puissante FIFA a vu son prestige et son influence morale s’éroder. Que se passerait-il si la majorité des nations, qui se sont senties lésées sous les yeux du monde entier, décidaient de suivre l’exemple de la boxe, qui a laissé mourir l’ancienne fédération internationale pour en créer une nouvelle ? Aujourd’hui, un sondage réalisé auprès des passionnés de football révèle que plus de soixante pour cent des répondants estiment que la FIFA est devenue, sous la pression de pays influents comme les États-Unis ou l’Argentine, un tigre en papier.
Ces dernières années, le football a connu un essor fulgurant sur les plans technique, physique et tactique, au point qu’un petit détail, qu’il s’agisse d’une décision d’un joueur ou d’une intervention d’un entraîneur, peut faire basculer le résultat d’un match. Cependant, les grands événements, comme cette Coupe du Monde 2026, montrent que le talent seul ne suffit plus. Ni la technique individuelle, ni même la qualité tactique ne peuvent compenser un manque de combativité et de conviction, ni l’absence d’engagement total envers son équipe, surtout lors des matchs à élimination directe.
L’exemple du Maroc face aux Pays-Bas, du Paraguay contre l’Allemagne et de la République Démocratique du Congo contre l’Angleterre, qui a frôlé l’élimination, illustre bien ce propos. D’autres équipes compensent leur infériorité technique par une organisation et une combativité exemplaires. En phase de groupes, les grandes équipes peuvent se relever de leurs revers, retrouver leur équilibre et imposer leur jeu. Mais lors du second tour, où les niveaux sont serrés et les chances égales, les facteurs mentaux et psychologiques deviennent des armes décisives. Une équipe qui se bat sur chaque ballon et croit en ses chances jusqu’au bout a plus de chances de succès qu’une équipe pleine de stars mais manquant de détermination et de persévérance. Ce qui s’est passé lors de cette Coupe du Monde en est peut-être la meilleure illustration. Le Paraguay a réussi à éliminer l’Allemagne, non pas grâce à des joueurs plus connus ou à un talent supérieur, mais grâce à un esprit d’équipe exemplaire, une discipline tactique sans faille et une combativité sans égale. Il a obtenu sa qualification aux dépens de l’une des équipes les plus titrées au monde, après que les Allemands ont payé le prix de leur « arrogance » et de leur excès de confiance en se faisant éliminer aux tirs au but.
L’équipe nationale marocaine a réitéré cette leçon en éliminant les Pays-Bas, prouvant qu’une organisation tactique solide, fondée sur la discipline défensive, la confiance en soi et une lutte acharnée, peut triompher face à une équipe qui compte parmi les meilleurs joueurs d’Europe et du monde. Les Lions de l’Atlas ont démontré que la volonté, l’engagement et la discipline peuvent déjouer les pronostics, et que l’histoire et la réputation ne garantissent pas le succès sur le terrain. Bien que l’équipe nationale marocaine ne soit pas moins talentueuse techniquement que son homologue néerlandaise, son esprit combatif et sa confiance en soi lui ont permis d’égaliser à la 90e minute, puis de décrocher logiquement sa qualification aux tirs au but. Le Maroc possède les atouts techniques, physiques, mentaux et psychologiques pour devenir l’une des équipes les plus respectées de cette Coupe du Monde. Elle a baissé pavillon face à une équipe de France tout aussi imperturbable qu’elle ne l’a jamais été. La République Démocratique du Congo a également failli créer la surprise face à l’Angleterre grâce à son esprit combatif, qui s’est avéré décisif. L’équipe nationale égyptienne a également marqué les esprits grâce à l’état d’esprit insufflé à des joueurs convaincus de la tâche qui les attendait. Elle a remporté sa toute première victoire en Coupe du Monde et a ensuite obtenu des matchs nuls contre la Belgique et l’Iran, confirmant ainsi son fort caractère compétitif.
Que dire de l’équipe nationale du Cap-Vert, qui a réalisé l’un des plus beaux scénarios du premier tour en faisant match nul contre l’Espagne, grâce à une équipe qui a joué avec une grande cohésion malgré l’absence de stars ? Ou encore de l’équipe nationale mexicaine, qui a atteint les huitièmes de finale après une série de performances convaincantes et de victoires, alliant maîtrise technique, discipline tactique et esprit d’équipe ? Ces résultats ne sont pas de simples surprises, mais reflètent une vérité fondamentale du football moderne : il n’y a plus de « petites » équipes. En revanche, certaines équipes, comme celle de Tunisie, semblent démobilisées. L’écart technique entre les équipes nationales s’est considérablement réduit. Les moins connues sont devenues plus organisées et mieux préparées, au point de convaincre que la victoire n’est plus réservée aux seules équipes historiques ou à celles ayant une forte valeur marchande. Le talent crée certes des opportunités, mais un plan bien structuré organise la performance, et un cœur vaillant fait la différence dans les matchs. En fin de compte, le football reste un sport qui récompense ceux qui croient en eux et se battent jusqu’au bout. Les stars offrent du spectacle, mais les titres se gagnent par la détermination, la persévérance et l’esprit d’équipe. Le football, tout comme tout sport de compétition, n’est pas seulement un art, c’est aussi une volonté inébranlable.
Neuf des dix équipes africaines participantes se sont qualifiées pour les huitièmes de finale de ce Mondial 2026. Cela a suscité la joie du président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, qui a exprimé sa fierté en déclarant : « Au nom des 54 associations nationales membres de la CAF, j’adresse mes plus chaleureuses félicitations aux joueurs, aux staffs techniques et aux fédérations des neuf équipes qualifiées. Ils ont fait la fierté de leurs pays, ainsi que 1,6 milliard d’Africains et des membres de la diaspora africaine à travers le monde. Cette performance confirme que le football africain est désormais capable de rivaliser au plus haut niveau mondial. » De nombreuses équipes ont impressionné lors de la phase de groupes, au point d’affirmer sans risque que quatre ou cinq d’entre elles ont démontré posséder presque tous les atouts nécessaires pour aller plus loin dans cette compétition mondiale grâce à une force mentale irréductible pour surmonter les moments difficiles.
Les Tunisiens ont eu le temps de pleurer la déconvenue vécue par leur équipe lors de ce Mondial. Leur participation a été marquée par une décision sans précédent, prise par la FTF suite à la lourde défaite subie face à la Belgique. Le sélectionneur S. Lamouchi a été écarté, remplacé au pied levé par Hervé Renard. Une tentative de secouer un groupe en difficulté qui n’a pas réussi, mais qui a confirmé qu’une équipe est un tout. Cela commence dans les couloirs de la fédération, pour se retrouver solidaire sur le terrain en passant par les clubs. Cette équipe fantôme, composée de joueurs blasés et sans âme, a reflété l’impuissance et le dépassement de ses dirigeants, indignes de représenter le football tunisien. La débâcle, chèrement payée, marquera les esprits. En consolation, l’équipe tunisienne a été jugée la plus fair-play. Normal, elle a ouvert de grands boulevards pour faciliter le passage de ses adversaires.
Dans cette fête, à l’issue de laquelle un des pays organisateurs, les États-Unis, a refusé (puis consenti sous conditions) l’entrée de l’Iran sur son territoire, il y avait des séquences qui relevaient d’un feuilleton burlesque. De plus, le président des États-Unis a formellement demandé (et obtenu) l’annulation du carton rouge infligé à l’attaquant Balogun. Ou encore la décision de refuser des visas à certains membres du public de certaines équipes participantes. Sans oublier le hold-up réussi de l’Argentine face à l’Égypte, ou le guet-apens vécu par la Belgique face à l’Espagne, tout comme la manière d’écarter la Norvège face à l’Angleterre. Du jamais vu. De quoi attribuer à la VAR une nouvelle qualité, jamais démentie lors de ce Mondial, celle de faciliter le choix d’un vainqueur, en se déclarant victime d’une amnésie technique lorsque des intérêts sont en jeu.
Le ballon officiel du Mondial 2026, l’Adidas Trionda, est la cible de critiques de la part des gardiens de but et de nombreux observateurs. Ces derniers soulignent les trajectoires flottantes et la vitesse élevée du ballon, responsables de nombreux buts enca
