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Liverpool – PSG : 25 minutes de naufrage pour Paris, que retenir ?

Ousmane Dembélé a ouvert le score à Anfield contre Liverpool (2-0). Pacho a remporté 74 % de ses duels au sol avant le match, et Matvey Safonov a enregistré 270 minutes sans encaisser de but en C1.

De notre envoyé spécial à Anfield,

Observer les visages des supporters de Liverpool se déformer sous le dégoût et entendre leurs soupirs de désespoir face au réalisme implacable d’Ousmane Dembélé, qui a ouvert le score à Anfield lors de la victoire du PSG (2-0), procure un plaisir coupable indéniable. La déception était palpable, même si les Reds auraient peu de raisons de se plaindre de l’efficacité parisienne : leurs espoirs de remontada n’auraient jamais pu exister si le PSG avait converti davantage d’occasions lors du match aller, sans même évoquer le braquage du Parc des Princes par les hommes d’Arne Slot en 2025.

Cependant, il est essentiel de retenir que durant les 27 minutes de tourmente entre le début de la seconde période et le coup de sifflet final donné par Dembouz, cette équipe a prouvé qu’elle possède une redoutable arme à double tranchant, à savoir la résilience et l’efficacité. « Nous avons une bonne mentalité et nous sommes une équipe très forte », a déclaré Khvicha Kvaratskhelia dans les couloirs d’Anfield.

« Chance » et « souffrance », les éléments clés pour résister à l’orage

Une statistique pour soutenir cette affirmation : lors de ses quatre rencontres contre Chelsea et Liverpool, le PSG a marqué 12 fois et encaisser seulement deux buts. Pourtant, selon les précieux « expected goals » (buts attendus), le club parisien aurait dû marquer moitié moins (6.12 buts) et encaisser presque trois fois plus (5.27). En d’autres termes, le champion d’Europe s’est transformé en redoutable machine à sanctionner.

« Il faut un peu de chance », a reconnu Luis Enrique en conférence de presse. « Nous savions qu’il y aurait de la souffrance. Nous avons très bien géré. Mais Liverpool aurait mérité de marquer. » « Il faut souffrir pour aller au bout de cette compétition », a résumé Dembélé au micro de Canal +. Et quelle souffrance !

Pacho est un monstre, Safonov un mur

Faire appel à la force de l’amitié n’explique pas cette anomalie, des éléments concrets sont également nécessaires. À cet égard, la présence de Pacho dans la défense parisienne est significative. Mais sérieusement, qui est ce monstre ? L’Equipe évaluait son taux de duels au sol remportés à 74 % avant le match de mardi soir. Après la rencontre, ce chiffre a sans doute grimpé à 125 % (pardon, nous ne sommes pas très bons en maths). L’Équatorien a montré une incroyable capacité d’adaptation en remplaçant Nuno Mendes à gauche tout en restant au centre. Infranchissable, Alexis Mac Allister, ne sachant comment procéder, a même essayé de provoquer un penalty en glissant dans ses pieds. Heureusement pour Paris, la VAR était là.

Heureusement pour Paris, Matvey Safonov est aussi présent. Costaud, il aurait probablement obtenu le penalty que l’arbitre était sur le point de désigner, tout comme il s’est couché sur le tir à bout portant de Kerkez en première période et sur la frappe puissante de Ngumoha, juste avant le premier but d’Ousmane Dembélé. Démontrer une telle justesse et sérénité dans des conditions météorologiques typiquement anglaises (grosse pluie) est un exploit respecté autant que ses 270 dernières minutes sans encaisser de but en C1. « Il a fait son travail de la meilleure des manières », a salué Luis Enrique. Pas tout à fait, selon Safonov : « Il y a eu quelques erreurs, mais je peux être satisfait de ce match. » Lev Yachine et Igor Akinfeev peuvent craindre pour leur place, Safonov est sur le point de redéfinir la hiérarchie russe.

Confier Lucas Hernandez à Olise, est-ce bien judicieux ?

Dans la liste des joueurs que le PSG souhaitait éviter à tout prix de voir blessés, Nuno Mendes était dans le top 5 – et pas en dernière position. Malheureusement pour les Parisiens, l’international portugoise a demandé à sortir en fin de première période après une alerte musculaire. Il a été remplacé par Lucas Hernandez, qui mérite des félicitations pour ne pas avoir été expulsé de façon imprudente alors que ses coéquipiers étaient en difficulté. Ce fut son unique moment notable de la rencontre.

Pour le reste, Mohamed Salah lui a fait visiter le terrain. Souvent en retard, le Français doit son salut à la VO2max de João Neves et à la force de Pacho. C’était amusant, car le PSG a finalement passé sans trop de difficultés. Cependant, avec Nuno Mendes visiblement touché physiquement, Luis Enrique devra peut-être faire appel à Hernandez pour défendre contre Michael Olise dans 15 jours. Et il est incertain que la résilience des Parisiens suffise cette fois-ci.