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Le bureau fédéral ne peut pas exclure une démission après le désastre.

Le bureau fédéral composé de Houcine Jenayeh et Moez Nasri a été élu en janvier 2025 et est critiqué pour sa gestion médiocre. Les membres fédéraux actuels, dont certains pensent à s’en aller, doivent faire face à une pression croissante pour démissionner en raison des récents échecs de l’équipe nationale.

Il est difficile de se détacher du statut de membre fédéral et de la machine en place depuis des années. Certains membres envisagent de quitter leurs fonctions, mais cela doit se concrétiser plutôt qu’être simplement promis.

La Presse — L’actuel bureau fédéral pourrait-il démissionner après le désastre subi par l’équipe nationale au mondial ? Ce scénario est envisageable dans des pays développés où les organismes peuvent se retirer s’ils estiment que des erreurs ont provoqué des crises et des échecs majeurs. Cependant, de nombreuses sélections ont également mal performé lors de coupes du monde sans que leurs dirigeants ne démissionnent, pour une raison simple : ces pays disposent de structures solides pour administrer le football, d’un cadre juridique complet, d’un championnat économiquement et sportivement fort, ainsi que d’outils de contrôle rigoureux.

Cette situation n’a jamais été celle de notre football, qui n’a jamais connu une gestion rationnelle des affaires, même durant ses années de gloire, comme en 1978, où un extraordinaire talent des joueurs, associé à une ambiance saine et à un sélectionneur charismatique, a permis à l’Argentine de briller en mondial.

En 2004, nous avons certes gagné la CAN, mais il suffit de regarder le fonctionnement de l’équipe nationale avant et après pour se rappeler du désastreux mondial de 2006, sous la direction de Roger Lemerre et du bureau de Hammouda Ben Ammar. À part l’édition argentine, l’équipe de Tunisie n’a jamais réussi à laisser une empreinte forte.

Nous avons connu des défaites, des éliminations dès le premier tour, des conflits internes, ainsi que la présence de personnages nuisibles qui ont sapé la sélection avec la complicité de certains sélectionneurs. Dire que cette année, il s’agit de la participation la plus faible et que l’équipe est la plus médiocre n’est pas forcément correct, car nous avons déjà touché le fond avec de bons joueurs. Pour le mondial 2026, l’ampleur du désastre est accrue, marquée par deux lourdes défaites et une performance médiocre. L’équipe nationale confirme ainsi ses limites et son incapacité en coupe du monde.

Qui porte la responsabilité ? Cette question est complexe et nécessite du temps pour être précisée. Toutefois, il est possible de pointer le bureau fédéral emmené par Houcine Jenayeh et Moez Nasri, élus pour résoudre les problèmes, mais qui ont échoué dans leur mission. Objectivement, la gestion de la sélection par Houcine Jenayeh (vrai président de la FTF) et son entourage est tellement douteuse qu’une démission serait la décision la plus appropriée.

Ce bureau fédéral, en continuité avec la période de l’ancien président Wadi El Jary, a accumulé les erreurs et installé une gestion médiocre et suspecte, nuisant profondément à la sélection. L’ampleur des dégâts est visible en constatant le défilé des sélectionneurs et des joueurs depuis leur entrée en fonction en janvier 2025 jusqu’à aujourd’hui.

Intérêts vitaux

Une démission est un acte civique d’un responsable qui reconnaît son échec et assume ses responsabilités, même si les règlements lui permettent de rester jusqu’à la fin. Cette décision n’est pas facile à prendre. Seuls les courageux et les honnêtes prennent la mesure de leur incapacité, surtout après un drame comme celui vécu par l’équipe nationale.

Dans ce contexte, Houcine Jenayeh, Moez Nasri, Khemaïs Hamzaoui, Rym Bejaoui, Marwa Skhiri, Mannoubi Troudi, Belhassen Bessamra, Neji Chahed, Moez Mestiri, Wissem Ltaïef, Moez Naïli et Zyed Massoudi, tous membres fédéraux élus en janvier 2025, seront-ils assez déterminés pour céder leur place à d’autres ? Cela semble très difficile, même si des rumeurs circulent concernant le départ de certains membres.

En tout cas, plusieurs membres, en particulier les influents et les éléments clés de la fédération, feront tout pour rester en poste, quitte à encaisser les critiques les plus sévères et à jouer la comédie comme l’a fait Ali Abdi. Ils s’accrocheront jusqu’au bout à leurs fonctions, car ils sont conscients des intérêts énormes en jeu, tels que la notoriété, les relations, l’accès aux structures régionales et internationales comme la CAF et la FIFA, ainsi que les avantages liés à leur statut de membre fédéral.

De plus, nombreux sont ceux qui défendent les intérêts de leurs clubs dans un système de copinage et de connivences, ancré depuis des années. La pression croissante pour exiger leur démission augmente chaque jour. Soit ils démissionnent et appellent à de nouvelles élections, soit un comité de gestion est désigné (ce qui serait une mauvaise idée si cela signifie ramener Kamel Idir ou une personne de son profil !), soit l’actuel bureau fédéral résiste et parvient à se maintenir.

Dans tous les cas, rien ne changera significativement si l’on continue avec les règlements en place et les dirigeants actuels des clubs, qui amènent tous les quatre ans des personnes loyales. Si l’on pense que le départ inévitable de Houcine Jenayeh et de son équipe résoudra les problèmes du football tunisien, on se trompe.

L’autre liste, conduite par Mahmoud Hammami, qui a perdu les élections, n’est pas une meilleure alternative. Ce sont d’autres acteurs d’une même pièce qui se joue sur notre football. Par ailleurs, faire appel à d’anciens joueurs qui n’ont pas de profil académique, qui n’ont pas d’expérience d’encadrement ou de direction, ne constitue pas la solution.

Il est indispensable de revoir tout un cadre juridique et de renouveler le casting de dirigeants (en excluant temporairement ceux ayant déjà fait partie d’un ancien bureau fédéral) si l’on souhaite vraiment que notre football surmonte ses problèmes. En attendant un miracle qui amènerait l’actuel bureau fédéral à partir de son plein gré.