
L’avenir de l’équipe nationale après le fiasco du mondial : Hervé Renard et après ?
L’équipe nationale de Tunisie a terminé la Coupe du Monde 2026 avec 0 point, étant la seule sélection africaine sur dix à ne pas passer au second tour. Hervé Renard, qui a reconnu son échec lors de ce mondial, semble ouvert à une collaboration avec l’équipe nationale malgré les défis rencontrés.
Si les dirigeants de la FTF estiment que le nom d’Hervé Renard suffira à revitaliser l’équipe nationale, ils réduisent le problème à sa plus simple expression.
En 1978, l’équipe de Tunisie avait ébloui le monde entier par son football raffiné et sa solidité dans un contexte international déséquilibré. L’équipe de Chettali aurait pu vaincre l’Allemagne si un penalty, évident pour tous sauf pour l’arbitre, avait été accordé, et elle aurait pu éviter la défaite contre la Pologne, due à une erreur de Ali Kâabi.
À cette époque, la Tunisie avait ouvert la voie à l’Afrique pour obtenir un second billet au Mondial, avant que l’Algérie ne fasse forte impression quatre ans plus tard en Espagne. En 2026, l’équipe de Tunisie est la seule parmi dix sélections africaines à ne pas franchir le second tour, repartant avec 0 point. C’est là tout le paradoxe, tout le malheur.
On peut ressentir une déception, voire une consternation face à cette situation. Mais il est crucial de partir de ce constat accablant : nous avons terminé derniers de notre groupe lors de ce Mondial. C’est une réalité choquante, mais simple. À partir de là, comme ce fut le cas en 1994 après le fiasco de la CAN ou en 2002 après le Mondial japonais, il faudra tout recommencer : avec d’autres personnes, un autre staff, de nouveaux joueurs et une nouvelle stratégie.
Bien que les nouvelles du bureau fédéral ne permettent pas d’être très optimiste, il apparaît que quelques solutions provisoires vont être envisagées, comme le départ de Zyed Jaziri et Khelil Chemmam, ainsi qu’un réexamen de l’effectif actuel des joueurs sélectionnés.
Hervé Renard a vécu un véritable cauchemar lors du Mondial américain. Celui qui pensait que son charisme et ses méthodes comanderont un rebond a échoué. Il admet son échec, ce qui pourrait être une manière de gagner le respect des supporters, vu qu’il a pris les rênes en cours de route sans avoir préparé la campagne mondiale.
Quant à son avenir, il semble qu’il soit ouvert à une collaboration avec l’équipe nationale, en acceptant de revoir ses conditions financières pour diriger une sélection en difficulté. Il souhaite rester pour des raisons autres que financières, car il pourrait sécuriser un contrat lucratif dans un championnat du Golfe.
Le défi, la proximité géographique avec la France, tout cela le motive à repartir de zéro, en attendant l’issue des négociations. En ce qui concerne le Mondial, Renard n’a pas marqué une rupture avec son prédécesseur, Lamouchi, adoptant pratiquement le même plan de jeu et quelques ajustements qui n’ont pas fonctionné.
On peut se demander si Sabri Lamouchi a correctement préparé son Mondial. Pour qu’une équipe soit si désorganisée en défense et démoralisée, il doit y avoir eu des problèmes internes. Les joueurs n’étaient pas à la hauteur, et le comportement défensif était déplorable.
Mais que faisaient Lamouchi et son staff ? Il s’agissait d’une coupe du monde, et la défense devait être une priorité. Jusqu’à la première mi-temps du match amical contre l’Autriche, tout semblait aller bien. Puis, c’est devenu un naufrage progressif au fil des matchs. Lamouchi a quitté son poste entouré de beaucoup de mystères.
Son travail était-il déficient, ou ses relations tendues avec certains groupes de joueurs lui ont-elles porté préjudice ? Peut-être les deux. Après un échec retentissant contre la Côte d’Ivoire, un autre revers pour un ancien grand joueur dont la carrière d’entraîneur n’a pas été un succès.
Après avoir observé neuf sélections africaines atteindre le second tour, Hannibal Mejbri et ses coéquipiers n’ont-ils pas eu peur de l’échec ? Quelles que soient les circonstances, les joueurs sont les premiers responsables, surtout en coupe du monde. Où est passé l’amour-propre ? Où est cette adaptation tactique qui avait mis en difficulté les adversaires ?
Nos joueurs, en particulier ceux évoluant en Europe, n’ont pas montré leur vrai potentiel. Même sans stars comme Salah ou Mané, nous avons des cadres jouant dans des championnats de haut niveau. Ils ont si mal performé qu’on en vient à se poser des questions. Il est évident que le groupe est divisé et qu’un clan, mené par Abdi et Dahmen, a opposé une résistance à Lamouchi.
Tout au long de l’histoire, l’équipe nationale a souffert de clans. Si l’atmosphère dans les vestiaires est mauvaise, rien ne pourra être salvateur. La preuve : trois cartons et des performances médiocres. Pour l’avenir, il est probable que plusieurs joueurs n’aient plus rien à offrir à l’équipe nationale. Ce n’est pas seulement une question d’âge, mais aussi de motivation, de valeur technique et de comportement dans le groupe. L’enseignement le plus précieux de ce Mondial est que les joueurs issus de notre championnat, souvent jugé faible, pourraient s’avérer précieux grâce à leur motivation.
Les expatriés dans de faibles clubs scandinaves, même bien formés, ne sont pas nécessairement des choix judicieux. Il est temps de cesser ce double traitement ; qu’il joue en Tunisie ou ailleurs, un international doit montrer enthousiasme et application pour faire partie de la sélection.
Le palmarès et le nom du club ne suffisent pas à garantir une place en équipe nationale. Des changements seront-ils nécessaires à l’avenir ? Les expériences passées montrent que les éléments nuisibles finissent par se réajuster, et le temps pourrait leur donner une seconde chance.
