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Football : le WAC, un club qui ne trouve pas ses repères


À quelques heures d’une assemblée générale élective qui marquera un tournant dans son histoire, ce mardi 21 juillet, le Wydad Athletic Club navigue dans un environnement où la passion et l’affection des supporters semblent être éclipsées par une politique sportive défaillante et des conflits internes.

Le cyclone continue de ravager les mêmes terres, et le WAC se perd dans son tourbillon. Chaque tentative de sortie de crise est suivie d’une nouvelle période trouble, ramenant le club aux mêmes interrogations concernant la stabilité et la gouvernance.

Surtout, la cohérence d’un projet sportif devenu illisible est en contradiction avec les réalités économiques. À moins de considérer que vivre au-dessus de ses moyens est un chemin vertueux. Ou de penser que s’endetter pour retrouver son éclat d’antan est une bonne idée. Cependant, les succès hypothétiques de demain ne peuvent pas effacer les erreurs d’hier. Ce n’est clairement pas le meilleur moyen de retrouver la lumière après avoir traversé des périodes sombres.

Ce mardi 21 juillet, une assemblée générale élective se tiendra à Casablanca, au cours de laquelle Hicham Aït Menna quittera son poste, sortant par la petite porte après y être entré par la grande. L’histoire semble une nouvelle fois se répéter.

Un scénario où les hommes prennent souvent le pas sur l’institution. Ceux qui avaient placé très haut le futur ex-président il y a quelques mois s’activent désormais à le faire redescendre très bas. Bien qu’ils ne doivent pas y mettre trop d’énergie pour réussir leur entreprise, tant son bilan frôle le néant (aucun titre, une qualification en Coupe de la Confédération).

Le climat actuel révèle surtout un mal plus profond. Celui d’un club où les épisodes de crise se succèdent sans jamais véritablement remettre en question les mécanismes qui les provoquent. Cette nouvelle séquence électorale en est une illustration indéniable.

Les listes de candidats, les alliances de circonstance et les retournements de situation des derniers jours ont davantage donné l’image d’une lutte de personnes que d’un véritable débat autour d’un projet pour le Wydad. Comme si la question du prochain président avait pris le pas sur celle, pourtant essentielle, du modèle à construire.

Ce sentiment est renforcé par la présentation tardive des rapports moral et financier, qui auraient dû permettre aux adhérents d’avoir une vision claire de la situation du club avant de se prononcer. En vérité, l’assemblée générale n’est pas uniquement une affaire de succession présidentielle. Derrière la bataille des candidats et les tensions apparues ces derniers jours, il s’agit surtout de savoir quel Wydad on souhaite construire pour les prochaines années.

Le club casablancais possède encore tout ce qui fait une grande institution : une histoire immense et un public hors norme. Cependant, cette force ne suffit plus à masquer les difficultés du présent. Elle s’effrite à mesure que le temps passe et que les désillusions s’accumulent.

Au cours des deux dernières saisons, l’équipe dirigeante a maladroitement tenté de guider le Wydad vers une destinée à la hauteur de son rang, celui d’un club habitué aux titres nationaux, aux grandes soirées africaines et aux rendez-vous qui comptent. Cependant, cette quête des vestiges d’antan s’est accompagnée d’un modèle économique dont la part de risque est loin d’être négligeable. Les chiffres du rapport financier 2025-2026 viennent justement éclairer cette contradiction.

Pour accélérer sa reconstruction sportive, le WAC a misé sur un investissement massif dans son effectif avec le recrutement de treize joueurs pour un montant global de 46,8 millions de dirhams. Une stratégie qui traduit une volonté claire de retrouver rapidement le sommet, mais qui a les inconvénients de ses avantages. Les dettes liées aux transferts ont ainsi progressé de 138 % en une saison, passant de 17,2 à 40,96 millions de dirhams.

Dans le même temps, la Société Anonyme Sportive affiche des charges supérieures à ses produits d’exploitation, avec 145,9 millions de dirhams de dépenses contre 127,4 millions de revenus. C’est d’autant plus regrettable que la direction sportive a perdu son pari. En effet, le Wydad a terminé hors du podium (5e) et ne disputera pas de compétition continentale pour la deuxième fois en trois saisons.

Il est vrai que le club a été peu aidé par une instabilité chronique sur le banc, où quatre entraîneurs ont tenté leur chance lors de l’exercice 2025-2026, mais sans grand succès. Cette indécision renforce également une fracture grandissante avec une base populaire qui reste pourtant l’un des principaux moteurs économiques du club.

La billetterie a ainsi généré 37,5 millions de dirhams, en progression de 57,5 %, confirmant le poids d’un public fidèle qui continue de répondre présent, même s’il a l’impression de ne pas être pris en compte. En résumé, une contradiction supplémentaire pour un club qui possède une richesse populaire exceptionnelle, mais qui s’appauvrit en raison des conflits internes, d’une politique sportive incertaine et d’un modèle économique déconnecté de la réalité.