
Des anciennes gloires du football oubliées et dans la misère : déficit d’éducation financière et professionnelle
Des figures emblématiques du football tunisien des décennies 70, 80 et 90 se retrouvent aujourd’hui confrontées à des difficultés financières préoccupantes. Cette situation est largement attribuée à l’absence d’une couverture sociale adéquate, au désengagement des clubs et à un manque d’éducation financière et professionnelle.
Il est temps d’aborder ce sujet délicat, souvent ignoré, qui mérite une attention soutenue. De nombreux anciens joueurs, ayant offert des moments inoubliables à leurs fans, vivent dans l’oubli et la précarité. L’absence de soutien structurel et de revenus stables les plonge dans une situation difficile, alors qu’ils ont consacré leur vie à la passion du football.
Ces athlètes ne sont en rien responsables de leur sort. Leur unique erreur a été d’évoluer à une époque où les rémunérations étaient dérisoires, le sport étant alors considéré comme un simple divertissement, reléguant les aspects financiers au second plan. Aujourd’hui, à l’heure de la retraite, ils se retrouvent souvent isolés, sans ressources et dans l’indifférence générale. Bien que certains aient eu la possibilité d’atténuer leur précarité, le manque d’éducation financière et le désengagement des clubs ont compliqué leur situation.
Il est impératif de reconsidérer le statut de ces anciennes gloires, qui méritent un meilleur traitement. Les enjeux humains et sociaux doivent primer sur toute autre considération. Plusieurs experts et médias ont souligné l’importance de soutenir ceux qui ont contribué à la fierté nationale et à l’histoire de nos clubs. La dignité humaine est en jeu, et cela nécessite la mise en place de mécanismes concrets pour un soutien durable.
Bien que certaines organisations, comme l’Union nationale des footballeurs tunisiens, tentent d’apporter une aide, leurs efforts restent sporadiques et insuffisants. Il est donc crucial d’établir un système de protection sociale solide, capable de garantir une couverture permanente et de proposer des plans de réinsertion sociale et professionnelle adaptés aux besoins des anciens joueurs.
Cette problématique n’est pas unique à la Tunisie ; d’autres pays rencontrent des situations similaires, bien que les causes puissent varier. Des études montrent que « près de la moitié des joueurs professionnels, y compris des stars, rencontrent des difficultés financières et parfois la faillite dans les cinq ans suivant leur retraite ». Des exemples notables incluent Emmanuel Eboué, ancien international ivoirien, et Eric Jemba-Jemba, ex-joueur de Manchester United, illustrant ainsi l’ampleur du phénomène.
