
Coupe du monde : l’UE et la Concacaf s’opposent au projet de Gianni Infantino
C’est à travers les réactions de ses pairs que l’on mesure les limites d’un comportement. On espère en tout cas que c’est la réflexion que s’est faite Gianni Infantino ce mercredi matin, après la révélation de son projet controversé de céder des parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés.
La Confédération de football d’Amérique du Nord, centrale et des Caraïbes (Concacaf), qui n’est pas connue pour être opposée à la direction de la Fifa, contrairement à l’UEFA qui a déjà exprimé de vives inquiétudes, a déclaré être « profondément préoccupée par l’absence de toute procédure réglementaire » ayant conduit à l’élaboration de ce projet.
Informée « par le biais des médias et d’un communiqué de presse », la Concacaf a fait part de sa « déception face au fait que ces détails aient été élaborés et rendus publics avant même qu’une discussion n’ait eu lieu avec les instances dirigeantes et les parties prenantes concernées ».
L’Union Européenne a également rejoint la Concacaf dans son opposition, par l’intermédiaire de son commissaire chargé de la jeunesse, de la culture et du sport, Glenn Micallef. « Trop, c’est trop. La commercialisation effrénée du football est devenue néfaste. Elle menace ce qui a fait du football le sport le plus populaire au monde », a-t-il écrit sur X. Il a ajouté que « cela soulève de profondes questions concernant la gouvernance, l’indépendance, les conflits d’intérêts et le droit de la concurrence » lorsque les pouvoirs réglementaires de la Fifa s’alignent sur les intérêts financiers d’entités privées.
Le commissaire européen a ensuite rappelé que « les règles sportives sont soumises au droit de l’Union européenne lorsqu’elles produisent des effets économiques ». Cela signifie que toute décision relative à ce projet pourrait être contestée au plus haut niveau si nécessaire. Glenn Micallef a conclu en affirmant : « Le succès commercial doit renforcer le football, et non le détruire. Pas touche à notre sport. »
L’Association des supporters de football (FSA) a également réagi par le biais d’un communiqué. « Beaucoup de supporters sont rentrés de la Coupe du monde en pensant que la Fifa ne pouvait plus faire grand-chose pour abîmer ce qu’ils aiment. Moins de deux semaines après, elle a démontré qu’il était toujours possible de tomber plus bas », a-t-elle constaté. Elle a ajouté : « Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour combattre cette nouvelle décision et toutes celles qui mettent gravement en péril l’avenir du football au profit de gains commerciaux à court terme. Ce projet ne doit pas devenir une nouvelle étape dans la tentative de Gianni Infantino de remodeler le football sans tenir compte des supporters ni de l’intérêt général du jeu. » Ces mots résonnent avec force.
